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PETIT PAYS de Gaël FAYE :

    Ouvrir « Petit Pays », c’est comme ouvrir la porte d’un jardin extraordinaire. Les yeux se posent partout, ils détaillent tout, les plus beaux endroits comme les plus sombres. On entre dans ce roman à grandes enjambées car l’écriture de Gaël Faye est agréable et aérienne.

L’histoire se déroule au Burundi, dans une famille métissée. Le lecteur suit les traces de Gaby, un jeune garçon d’une dizaine d’années. Son père est français et sa mère est une rwandaise torturée. Elle a fui son pays lors des émeutes de 1963 et son cœur est resté là-bas, au Rwanda.

Il y a des boys à leur service. Des boys pour entretenir la maison et un chauffeur conduit les enfants, Gaby et sa petite sœur Ana, à l’école française.

C’est dire qu’on est loin de la pauvreté crasse qu’on nous décrit si souvent.

Gaby vagabonde avec sa bande de copains. Ils nomment leur quartier « l’impasse » et c’est un terrain de jeu fabuleux. La vie y est insouciante et colorée. Les tambours de la guerre résonnent pourtant au loin.

Juste à côté au Rwanda, à quelques encablures de la ville de Bujumbura, les ethnies Hutu et Tutsi se déchirent. La haine dissémine ses graines toxiques, le feu de la violence allume un brasier autour du Burundi. Ce petit pays se sent vite enserré dans un étau.

En 1993, les burundais votent pour la première fois. Ils élisent démocratiquement un Président qui sera sauvagement assassiné quelques semaines plus tard.

Les tambours de la guerre se rapprochent.

La vie de Gaby et d’Ana change. Imperceptiblement d’abord. Les enfants se faufilent dans la colonne d’air et ils durcissent leurs jeux. Puis l’auteur nous relate des faits horribles, sans jugement, comme un enfant qui raconte une histoire dont il ne mesure pas la portée. Il étale simplement les faits.

Gaby lutte pour sauvegarder sa personnalité. Il est manipulé par les uns et torturé par les autres. Accusé de Tutsi par les Hutu, de blanc par les Tutsi, il sait qu’il n’est ni l’un ni l’autre. Il sera témoin de crimes abominables et glissera à son insu de témoin à acteur.

L’écriture de Gaël Faye est un savoureux mélange de fraîcheur et de maturité.

Le romancier culbute les genres, il saute la frontière qui sépare le roman jeunesse du roman adulte. La fin donne la chair de poule, l’émotion est palpable.

« Petit pays » caracole en tête des ventes depuis la rentrée 2016. Ce roman est allé cherché son public tout seul, comme un grand. À lire, sans hésitation.

Annick FERRANT

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