Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
RELIRE LA REVOLUTION de Jean–Claude MILNER :

Jean-Claude Milner dans son essai “ Relire la Révolution” nous propose de revisiter la révolution française à partir de l’hypothèse de la fin de la croyance révolutionnaire.  L’ouvrage est en vérité passionnant, même si Milner n’est pas un historien professionnel il pense la révolution en philosophe. On appréciera en particulier la thèse qui sépare radicalement  révolution française de ses homologues russe, chinoise et cubaine.  Pour Milner la césure qui se dessine entre  révolution française et ses suivantes a pour l'enjeu complexe du passage du réel au sens. Milner considère la révolution française comme la seule véritable et authentique  révolution, celle qui a pris le risque d’avancer vers l’inconnu sans  catégories pré-pensées. Au contraire les révolutionnaires russes, chinois et cubains ont pensé   dans la langue doctrinale marxiste-léniniste. A ce titre la démonstration que fait Milner à propos des contradictions de l’idéologie  marxiste est élucidante.

   Par ailleurs Jean Claude Milner ne cesse d’interroger la question de la fin de la révolution.  Il oppose les positions de Robespierre et de Saint Just. Robespierre pense que le processus révolutionnaire devra s’interrompre. Son dernier discours explique que ce terme  et le retour d’un régime constitutionnelle sont  une nécessité politique . Robespierre  pense le processus  révolutionnaire comme un intervalle de conflit.  De son côté Saint Just  pose que la révolution moderne devait durer comme un processus  créatif permanent.  Saint Just envisage même  l’homme révolutionnaire comme distinct du citoyen.  Lénine, Mao et Castro vont évidemment suivre  Saint Just.  Ils visent un Etat révolutionnaire dont la loi serait le changement.  Cependant pour Saint Just un révolutionnaire s’apparente à un explorateur  qui avance sans carte en territoire inconnu.  La vision de Lénine et Mao  est bien différente : il pense, à travers la théorie marxiste, détenir le savoir des révolutions possibles.  La contradiction  entre  capacité à prévoir et  les résultats réels se résoudra finalement dans le culte de la personnalité.  Le chef suprême  possède la carte où la capacité  à lire dans le marc de café révolutionnaire.

   On peut discuter les positions de Milner sur la Terreur, elles sont connues, mais ce dernier n’a jamais affirmé que la mise à mort des adversaires politiques est justifiée, bien au contraire.  Sur ce point il se tient sur les positions d’Annah Arendt.  Enfin sa réflexion sur la fin de la révolution à l’heure de la mondialisation pose une série de questions tout à fait pertinentes.  Pour toutes ces raisons il faut lire cet excellent essais tout à fait stimulant.

Hugues DE SINGLY 

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter       

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :