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LA DESOBEISSANTE de Jennifer MURZEAU :

    En exergue de son roman “La désobéïssante” Jennifer Murzeau a placé  une très belle citation de René Char : “Etrange faillite que celle de notre civilisation qui naufrage à l’instant de son triomphe. Cependant, dans ses débris et sa poussière, l’homme à tête de nouveauté réapparaît. Il est déjà mi-liquide, mi-fleur” Il y a là le condensé d’une oeuvre étrange et sensible qui nous projette en 2050. Ce n’est pas si loin et pourtant tous les effets des choix de société actuels sont devenus effectifs. L’automatisation a rendu la plupart des travailleurs inutiles. Ceux qu’on appelle “les intégrés” font partie d’une petite minorité qui possèdent un emploi ou simplement  assez d’argent  pour se tenir à la marge des masses en déshérence.  Partout la pollution, la violence, et l’augmentation  des maladies, la terre ne semble plus pouvoir supporter le poids de l’humanité.  Les plus aisés vivent sous des dômes où l’air est respirable, les autres doivent supporter des conditions de vie de plus en plus difficiles. 

   Bulle fait partie des intégrés. Elle travaille dans une grosse agence de publicité. C’est un travail important car toute la société ne poursuit qu’un seul objectif  : la consommation.  Les écrans et la publicité sont omniprésents et il faut payer pour échapper aux flashs de pub.  Désormais seul l’instinct du consommateur est stimulé, la pensée est annihilée, étouffée au profit de l’impensé d’un désir primaire.  Bulle a de la chance, elle travaille. Son compagnon est au chômage et il sait que c’est irréversible.  La vie pourrait continuer ainsi longtemps  mais un événement va tout bouleverser : Bulle apprend qu’elle est enceinte. C’est alors le début d’un basculement existentiel qui va la conduire à imaginer sa vie autrement dans une société où l’imagination est bannie.  Elle devient la désobéissante…

  Ce roman d’anticipation est aussi une oeuvre d’émancipation.  Si la description de la société française de 2050 est proprement effrayante, Jennifer Murzeau ne veut pas la refermer sur elle même à la manière d’un J.G Ballard, elle laisse une porte  ouverte, celle du libre arbitre. Dans un moment où le monde semble à la croisée des chemins, “La désobéissante”  nous offre une méditation profonde sur l’avenir que nous préparons.  En cela il s’agit d’un roman à la fois déstabilisant et salvateur. 

Archibald PLOOM 

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