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UNE FRANCE SOUMISE de Georges BENSOUSAN :

En 2002 Emmanuel Brenner et Georges Bensoussan publient “Les territoires perdus de la Républiquené du constat alarmé de professeurs de l’enseignement secondaire de la région parisienne  qui relataient des « incidents » à caractère antisémite, raciste et sexiste au sein des collèges et des lycées. Hormis France-Culture et quelques publications courageuses le silence médiatique fut assourdissant.  Depuis certains gamins qui étaient alors au collège ont jugé  que le terrorisme  pouvait être pour eux  une orientation définitive.  Pourtant les élites avaient, à l’époque,  refusé d’affronter  la réalité, tétanisées sans doute par l’ampleur du problème et pour une partie d’entre  elles déjà gangrenées par une certaine idéologie collaborationniste par antiracisme – l’expression est d’Elisabeth Badinter, une déviance qui commença alors ses ravages au sein de notre République au début des années 2000.

    Quinze ans plus tard Georges Bensoussan nous propose une nouvelle enquête sous le titre « Une France soumise. Les voix du refus » qui revient sur la nature du silence des élites. Pour l’auteur le discours formaté  des élites devenu doxa sur le sujet a creusé un abîme entre le peuple et ces dernières.  En d’autres termes l’antiracisme dévoyé  a fini  par s’attaquer aux principes de la société ouverte chère à Karl Popper pour la transformer en « société ouverte à tous les vents ». D’un bon sentiment on a fait une mauvaise pensée.  Des qu’un intellectuel  pose une réflexion sur  un certain islam des banlieues, il est immédiatement stigmatisé  par toutes sortes d’officines du type « Collectif contre l’islamophobie en France » (CCIF) qui se font une spécialité  de placer l’étiquette « raciste » sur le front de tous ceux qui leur déplaisent, une vraie police de la pensée…

    Bensoussan avance que ce discours diffusé dans les médias est marqué par un gauchisme culturel  qui mène sa petite guerre depuis les années 1970  et a imprégné les écoles de journalisme devenues souvent écoles de conformisme.  On est désormais très loin de l’école journalistique d’un Alfred Grosser.  En définitive ce que Pascal Bruckner  appelle un « racisme imaginaire »  constitue une attaque virale réussie des islamistes qui ont réussi à infecter  la société à travers un habile chantage intellectuel : « si tu parles contre nous  c’est parce que tu es un représentant de la pensée colonialiste, dominatrice et raciste… » . D’où la gêne des intellectuels qui véhiculent cette triste idéologie  tuant tout débat démocratique dans l’œuf  quand ils découvrent, à leur tour, que l’opprimé peut être lui même un raciste et parfois un antisémite.

   Cet ouvrage est important car il nous oblige à franchir le mur de la peur  afin de nous interroger sur la démocratie que nous voulons en pointant ses dysfonctionnements.  Georges Bensoussan  nous invite à bâtir notre réflexion sur un sol débarrassé des mauvais procès  qui font taire la majorité  des français sur ces questions ultrasensibles… Il est temps car si ce travail n’est pas fait les  pires pensées extrêmes s’en chargeront.

Archibald PLOOM 

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