Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
POURVU QUE ÇA BRÛLE de Caryl FEREY :

J’ai grandi à des années-lumières des paillettes cannoises, à Montfor-sur-Meu, un village  de trois mille habitants au large de Rennes, entouré de vaches analphabètes, de braves ploucs certifiés BZH et de petits bourgeois eighties  qui se retrouvaient le dimanche sur les cours de tennis.”  C’est une manière de présentation, sans chichis, du pur Caryl Fery, mais cette fois  il ne s’agit pas d’un roman mais bien d’un autoportrait à  la mine de plomb.  On retrouve le ton qui caractérise l’auteur de “Zulu”, “Mapuche” ou “Condor” des thrillers  de sang  et d’ombre qui ont immédiatement  trouvé leur public.  

     “Pourvu que ça brûle” commence finalement par la fin, le moment de la consécration pour un auteur quand l’adaptation de son roman “Zulu” est présentée à Cannes en présence de la star américaine Forest Whitaker. Mais avant d’en arriver là il a fallu quitter Montfor-sur-Meu qui n’est pas un port mais un point de départ pour le jeune homme qui lisait tout ce qui lui tombait sous la main et ne ratait aucun film du ciné club.  A seize ans dans les années 1980 Caryl commence à cultiver une vision du monde néo punk : “Les animateurs commençaient à remplacer les journalistes, les capitaines d’industrie les leaders politiques,  avec une mise en spectacle  du néant confinant à la bêtise  et/ou à la manipulation des masses, sommées d’acheter tout et n’importe quoi  pour épater la galerie  au nom d’un hédonisme made in toc. La vie en parts de marché, la ringardisation  systématique de toute idée collective, c’était ça, le monde qu’on me proposait.”   La révolte  est déjà là, le refus d’un monde qui tourne un peu trop vite à la mauvaise blague pour un esprit  qui a pour héros  Kessel,  London, Jules Verne, Melville, Saint-Exupéry.  Une révolte donc mais de gentleman punk  : “ Tu dois bien traiter les filles si tu veux être un amant du rock.” chantaient les Clash à l’époque.

   La suite ne va pas traîner.  Un périple de plusieurs années  de la Nouvelle-Zélande à l’Australie en passant par la Jordanie, l’Argentine, le Chili, l’Afrique du Sud sans oublier les Etats-Unis.  “Marcheur, il n’y a pas de chemin. Le chemin se crée en marchant”, disait le poète espagnol Antonio Machado et Crayl Férey va s’employer à avancer  à travers le monde  tout en élaborant  sa méthode de travail, celle qui allait faire de lui  l’écrivain qu’il allait devenir.   Cet autoportrait doublé d’un carnet de voyage  passionnant permet au lecteur  de découvrir les années d’apprentissage  d’un jeune homme révolté qui n’aimait pas son époque mais qui  était décidé  à devenir écrivain.   Un écrivain qui sait qu’au fond la vie ne tient qu’à un fil, narratif ou pas.  “Pourvu que ça brûle” suit le fil d’une écriture qui s’est nourrie du voyage, de l’observation et finalement donné naissance à des romans qui ne sont pas seulement de redoutables thrillers mais nous proposent aussi une méditation sur le cours qu’a pris notre monde.  

Archibald PLOOM 

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter       

 

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :