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EXPOSITION ICONES DE L’ART MODERNE : LA COLLECTION CHTCHOUKINE (22 octobre 2016 – 5 mars 2017) :

    

La fondation Louis Vuitton  - un lieu qui est déjà une oeuvre d’art en soi  - nous a sans doute offert l’une des plus belles expositions d’art moderne qu’il a été possible de voir à Paris depuis fort longtemps.  Cette exposition n’aurait pas été possible sans un un accord et un travail commun entre  russes et français car il a fallu que deux immenses musées russes – celui de l’Ermitage à Saint Petersbourg  et Pouchkine à Moscou –  laissent partir en France des oeuvres  tout à fait considérables de Gauguin, Matisse ou Picasso pour près de six mois.  Parfois les gens de culture arrivent à s’entendre plus vite et mieux que les dirigeants.

   Sergueï Ivanovitch Chtchoukine (1854-1936) fut sans doute l’un des amateurs les plus avisés dans le domaine de la peinture moderne.  Chef d’entreprise, riche entrepreneur spécialisé dans la fabrique et le négoce du tissu dont il possède le quasi monopole dans la région moscovite, Chtchoukine a d’abord formé son regard par les textiles et ensuite par la peinture.  Sa passion pour l’art moderne ne s’est développée qu’à partir de l’âge de 44 ans quand il achète un premier tableau  : ”Avenue de l’opéra” de Pissaro.

    Comme dans le commerce il veut être le meilleur, il cherche immédiatement à se distinguer.  Ses amis industriels se moquent de ses acquisitions ce qui amuse prodigieusement Chtchoukine qui n’achète que des artistes français au départ car il juge qu’ils représentent la peinture de l’avenir qui n’est pas encore comprise  par  ses contemporains.  Il achète sans discontinuer tableau sur tableau  des maîtres français de l’art moderne : Gauguin, Cézanne, Matisse, Monet, Renoir. En 1906 il aura acheter vingt tableaux.   Matisse sera son peintre préféré, il lui commandera un nombre incroyable de toiles et en acquerra 37. A l’époque Matisse est un peintre scandaleux mais pas vraiment reconnu, Chtchoukine sera pour lui un véritable mécène.  Mais d’autres peintres suscitent son intérêt  : Cottet,  Degas, Maurice Denis, Cross, Braque, Carrière,  Derain,  De la Touche  et évidemment  l’espagnol  Picasso dont il achètera 49 toiles.  

  Dans l’un des salons les toiles de Gauguin sont collées les unes aux autres, on ne sait trop où se finit l’une et où commence l’autre comme une grande iconostase que l’une des grandes salles de l’exposition reprend en partie. Traversant les salles le visiteur de l’exposition Chtchoukine  va d’éblouissement en éblouissement.Il sait que ces émerveillements ne se reproduiront pas, les tableaux retourneront très vite en Russie mais le rêve de ce collectionneur  compulsif affligé d’un terrible bégaiement vient  soudain nous  habiter.  Cette exposition accompagnée d’un remarquable catalogue aura été un moment de grâce au coeur de l’écrin de verdure du bois de Boulogne.  Chtchoukine perdra tout au moment de la révolution de 1917, il se réfugiera à Paris et sa collection sera nationalisée  par  les soviets. Il ne reverra jamais ses tableaux qui, pour la plupart, étaient partis de Paris et y seront revenus pour quelques mois . 

Archibald PLOOM 

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