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LA FILE INDIENNE de Antonio ORTUNO :

 Ce roman va attirer dans son sillage les amateurs de textes sombres. Le fond de l’histoire est noirâtre et compacte. Le lecteur déboule au milieu d’un nœud qui, au premier abord semble inextricable, puis les fils se dénouent un à un.

Nous sommes à Santa Rita au Mexique. Des migrants venus du Sud de l’Amérique Centrale glissent le long des rails, ils ne font que traverser le pays, le Mexique ne les intéresse pas, ils cherchent à entrer illégalement aux USA. Les migrants sont entassés dans des trains de marchandises, ils sont traités comme du bétail et encore ! La réalité est bien pire. Chaque chargement est négocié en boucle par des passeurs qui règnent en maître sur la région. Ils contrôlent des bandes rivales particulièrement virulentes et les migrants en font les frais.

Dans la petite ville de Santa Rita, ils font bien les choses. La municipalité offre un moment de répit à ces hordes pitoyables. Un refuge accueille ces malheureux, affaiblis et apeurés pour une nuit ou pour quelques jours (on ne sait pas trop)

- Une pause dans ce sidérant périple -

À Santa Rita pourtant, un drame se prépare. Une négociation a mal tourné et les bandes sont surexcitées. Une nuit, les portes du refuge sont cadenassées de l’extérieur et des hommes lancent des cocktails incendiaires en direction des fenêtres. Les vitres explosent et le feu se propage partout. Les occupants n’ont aucune chance - Brève pensée pour Oradour-Sur-Glane -

Cette éruption de violence inquiète le gouvernement. L’image envoyée par le Mexique est désastreuse. La « Conami » (commission nationale de migration) expédie une assistante sociale pour aider les rescapés et soutenir les familles des victimes. Irma Negra descend à Santa Rita avec sa fille car elle sait que sa mission sera longue et difficile. Elles sont logées dans un bloc de bungalows. Negra est immédiatement attirée par son voisin, Vidal, lui aussi expédié sur l’affaire par la «Conami». Ils vont s’entraider durant l’enquête et tenter de démêler la trame de cette histoire sordide.

Le père de la petite apparaît entre deux pages puis Joël Luna, un journaliste séducteur entre en scène. Il y a aussi Yein, la réfugiée attachante, elle a perdu son mari dans l’explosion et ne songe qu’à se venger.

L’immigration dans les romans ce n’est pas nouveau mais généralement nous sommes confrontés à des flux qui touchent l’Europe. Cette fiction nous rappelle que  nous sommes face à une tragédie mondiale. À noter que le courant circule toujours dans le même sens, du Sud vers le Nord.

 « La file indienne » est un polar monté comme un millefeuille. Certaines pages sont savoureuses, d’autres moins. Le ressenti final est en demi-teinte, l’histoire se décolore en cours de route.

Annick FERRANT 

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