Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
LE VOL DE LUCRECE de Luce MARMION :

Adrien Magadur le détective de l’agence Demorsy-Investigations n’apprécie pas particulièrement de se lancer à la poursuite d’une oeuvre d’art.  Prendre une toile de maître en filature ce n’est pas vraiment son rayon même si c’est l’une des spécialités de l’agence. Cet ancien des Stups habitué  aux enquêtes musclées,  aux flags, aux arrestations matutinales, ronge son frein  chez Demorsy. Pas assez coup-de-poing pour ce flic de terrain mais il ne devait qu’à lui-même cette interminable descente aux enfers qui l’avait conduit à quitter la police nationale.  Demorsy proposait des enquêtes plus variées qu’au 56 mais la discrétion était évidemment de rigueur.  Magadur habite dans un loft industriel froid et inconfortable au bord du canal de l’Ourcq de l’autre côté du périph. Un endroit qui lui ressemble car sa vie ne tient qu’à son activité d’enquêteur. Pour le reste c’est plutôt le grand désert existentiel…

   Quand William Demorsy avait dévoilé à Magadur et à son équipière Alice leur nouvelle mission , retrouver le fameux “Lucrèce” de Cranach, l’ancien flic n’avait pas vraiment bondit de joie.  Les vols de tableaux ne suscitaient pas chez lui une émotion particulière. Pourtant jamais il n’aurait pu imaginer qu’une enquête aussi banale allait de nouveau le précipiter au bord du précipice.  Le rapt du célèbre “Lucrèce” va révéler les passions humaines qui caractérisent le monde de l’art : avidité, cupidité,  les obsessions compulsives, les addictions qui peuvent mener au meurtres.  Les deux enquêteurs vont avancer  dans une obscurité de plus en plus épaisse où l’espoir semble s’être retiré.

   Luce Marmion réussit avec “Le Vol de Lucrèce” un excellent polar d’enquête, de ceux où la psychologie des personnages est travaillée avec une minutie d’orfèvre. A ce titre l’écrivaine sait jouer sur le clavier des émotions, des échecs et des abandons, ceux d’un homme toujours à la limite de la rupture qui voit dans son métier  le seul exutoire à une existence sur le fil du rasoir. L’enquête se transforme progressivement en quête; Adrien Magadur partant d’une vie en lambeaux parvient à retrouver suffisamment de lumière pour éclairer une vérité noyée d’obscurité et portant le masque de la mort.  Un polar âpre et crépusculaire où se mêlent passion, amitié et trahison  dans une danse macabre toute  shakespearienne. 

Archibald PLOOM

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter        

 

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :