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AU REVOIR MONSIEUR FRIANT de Philippe CLAUDEL :

 Un livre de Philippe Claudel est toujours un événement littéraire mais la publication d’ “Au revoir Monsieur Friant”  est particulière car  l’écrivain s’intéresse depuis fort longtemps au peintre nancéien.  C’est une oeuvre qui a pris  son temps et  qui vient finalement  se concrétiser et évidemment – on serait tenter d’écrire comme toujours – il se produit immédiatement ce petit miracle  de bonheur pour le lecteur.  L’écriture de Claudel  produit un philtre narratif  qui installe immédiatement le lecteur au coeur d’un récit  où les références culturelles viennent s’entrechoquer.  L’oeuvre de Friant évidemment mais aussi les chansons populaires de Delpech ou Stone et Charden, l’Atlas Dufour, l’école de Nancy… Et puis les mots  de Claudel . “Je ne crois pas aux “Amoureux”  de Friant.  Je ne sais pourquoi. Il y a sans doute trop de drame dans cette toile. Ou trop de distance. C’est un dimanche, il l’a conduite dans le paysage, comme on vient à la paresse, en se disant que peut être à son sortir on verra sous un jour neuf  et plaisant  les habits défraîchis, les êtres qui nous ennuient et les tâches détestés.” Voilà, la magie opère immédiatement, la prose claudienne se glisse merveilleusement dans les interstices d’une oeuvre  qui renvoie à  une époque disparue. “ Je songe à ces jeunes filles résignées, aux métiers disparus, modistes, petites mains, chapelières,  brodeuses,  et qui dans la grandes villes  se sentaient comme au coeur d’un étrange système propre à les massacrer.” Claudel construit son roman dans un dialogue entre le passé de sa famille et l’oeuvre de Friant, manière de retrouver la profondeur d’un temps perdu qu’il va reconstruire par petites touches. Des bribes de passé, des éclats de souvenirs qui vont devenir le substrat du récit.  Sa grand mère éclusière sur le canal de Dombasle en Meurthe et Moselle, les après-midis à pêcher au bord du canal, les soupes aux navets dodus. Le jeune étudiant, futur écrivain, contemple les oeuvres d’Emile Friant, le peintre local, qui plonge ses racines dans cette terre de Lorraine reconstituant l’histoire  des ces vies minuscules définitivement perdues et qu’il va, plus tard,  reconstituer  dans  cet “Au revoir”.   Déjà publié en 2001 ce court roman parfaitement maîtrisé nous revient aujourd’hui sous une forme modifiée et constitue une découverte pour tous ceux qui  ne l’avait pas lu à l’époque

Archibald PLOOM 

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