Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
JIMFISH de Christopher HOPE :

      Réécrire le Candide à la mode Sud-Africaine il fallait y penser mais Christopher Hope est allé plus loin : il l’a fait !  L’écrivain Sud Africain renouvelle avec verve le conte Voltairien en lui appliquant une bonne dose de modernité. On tombe rapidement sous le charme de ce roman inspiré, d’une cruelle ironie tout en conservant la dose d’humour nécessaire à l’examen de la part la plus sombre de l’humanité, celle qui  innerve la conscience des pires dictateurs de ce monde.

 “Jim Fish”  : terme insultant désignant une personne noire; également  utilisé comme interpellation”   est la première exergue du roman quant à la seconde c’est évidemment  une  citation de Voltaire : “Les hommes seront toujours fous ; et ceux qui croient les guérir sont les plus fous de la bande” . Associez cette définition et cette sentence et vous obtenez  un incroyable roman qui conjugue l’intelligence voltairienne et  la fougue picaresque dans un mouvement  qui nous entraine  de l’Afrique  du Sud au quatre coins du monde, revisitant la tragique histoire de la fin du XX eme  siècle.

   Lorsque que le petit Jimfish apparait en 1984 au bord de la digue de port Pallid sur l’Océan indien les autorités ont bien du mal à lui assigner une place dans la société Sud Africaine  ou règne encore l’apartheit. Les uns le voient aussi blanc qu’il est possible de l’être mais les autres lui trouvent une teinte pas assez claire pour être tout à fait honnête.  Le chef de la police en fait finalement son esclave à tout faire mais la fille de ce dernier lui trouve du charme et Jimfish devra s’enfuir pour échapper au courroux de son oppresseur loin du régime de l’apartheid. Commence alors un voyage initiatique à travers la planète où le jeune homme côtoiera l’hypocrisie des puissants et assistera à des scènes horreur d’un réalisme  à couper le souffle. 

   Certains passages  de cette oeuvre  foisonnante et implacable  sont des modèles du genre. Comme Candide  Jimfish connaitra des fortunes diverses mais qu’il fasse le mal ou le bien il a toujours  le coeur sur la main. L’excellente traduction d’Edith Soonkindt  nous offre de découvrir  cette oeuvre pleine de bruit et de fureur qui n’oublie rien des turpitudes de notre monde. L’une de celles dont on se souvient longtemps.

   Jimfish, est un conte postmoderne,  une plongée claire obscure au coeur de l’indicible, celui la même que l’humanité se destine à elle même.  A découvrir absolument. 

Archibald PLOOM 

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter       

 

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :