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PLUS RIEN À FAIRE, PLUS RIEN À FOUTRE de Brice TEINTURIER :

   Brice Teinturier est un  spécialiste  de la politique française. Il est rare de ne pas l’entendre dans une journée à la radio où  de l’écouter lors d’une émission de télévision.  A ce titre son dernier livre est un redoutable coup de sonde au coeur des évolutions de ce qu’on a coutume d’appeler l’opinion.

   Teinturien – qui est directeur général de l’insitut Ipsos - part d’une analyse  qui  tente de saisir comment la parole  politique a pu à ce point se dévaluer.  Il propose  un tableau en trois temps. De 1958 à 1982  on développer un lien quasi religieux avec la politique , fonctionnant sur le mode de la croyance indéfectible : “On était passionnément gaulliste, communiste ou socialiste.”   A partir du virage de la rigueur en 1983  et jusqu’en 2007 la déception s’installe dans l’opinion.  Mitterand avait promis de changer la vie,  le changement s’arrêtera aux affiches publicitaires imaginées par Jacques Seguéla . Pour les français c’est une déception de longue haleine renforcée par l’incapacité de Chirac à réduire la fameuse “fracture sociale”.  Un parti va alors vendanger les raisins amères des désillusions électorales successives.

   Depuis 2007 – c’est le troisième temps  du tableau – Brice Teinturier  souligne l’apparition d’un mouvement de fond de l’opinion : le PRAF , acronyme  au double sens : “Plus rien à foutre, Plus rien à faire”  qui résume une certaine désespérance d’une partie  des citoyens face à la parole décrédibilisée  des politiques. De plus en plus de français ont l’impression de voir leur investissement politique payé en monnaie de singe. Les mandats de Sarkozy et de François Hollande ont évidemment exacerbé ce phénomène. Au point que 32 % d’entre eux considèrent qu’il existe d’autres systèmes politiques  qui peuvent être aussi efficace que la démocratie.  Face au cynisme des  dirigeants politiques le peuple répond par un contre cynisme dont on peut juger qu’il  est  pour l’instant seulement un symptome mais qui pourrait bien emporter  le corps politique si le mal s’aggrave.

    Teinturier pointe qu’un bon tiers de l’opinion est atteint de “prafisme”, composé  le plus souvent d’employés et  d’ouvriers, d’une population assez jeune et souvent sous diplômée.  Du coup le prafisme, qui se nourrit  de l’érosion des valeurs communes et génère une forme de repli révolté et individualiste, devient une variable incontrôlable lors d’une élection présidentielle.  On frémit à la lecture de cette analyse  et on se demande  comment la classe politique pourra redorer un blason bien terni avant qu’il ne soit trop tard.   

Hugues DE SINGLY 

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