Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
GYMNOPEDIE POUR UNE DISPARUE d’Ahmed TIAB :

    Après “Le Français de Roseville” et “Le désert ou la mer  Ahmed Tiab  nous propose avec “Gymnopédie pour une disparue” un étonnant polar peuplé d’êtres au passé compliqué embarqués dans une histoire  dont ils ne contrôlent pas grand chose.  D’abord il y a Boris que sa mère a laissé à l’une de ses amis, Rose, une militante féministe, avant de disparaître. Boris qui a atteint l’âge adulte sans avoir revu sa mère, végète, travaillant dans une petite mairie, habitant l’appartement de Rose qu’il a reçu en héritage. Cette vie, faite d’habitudes et surtout d’intangibilité semble lui convenir. Jusqu’au jour où un jeune homme  sonne à sa porte et lui montre une photo qu’il a reçu d’un ami parti faire le Jihad en Syrie. Le jeune homme s’appelle Oussama, est pratiquant mais ne veut pas participer au jihad. En revanche il conserve des contacts, il communique avec ses relations.  Sur la photo qu’il lui a montré  Boris voit son sosie, comme un étrange jumeau. Il s’interroge et finit par comprendre que le personnage a peut-être un lien avec sa mère.

  A partir de ce moment la vie de Boris va basculer et ce qui constituait jusqu’alors l’existence la plus routinière va soudain s’accélérer et l’entraîner dans une incroyable aventure.  Parallèlement à l’histoire de Boris, on retrouve l’un des personnages récurrent d’Ahmed Tiab, Kémal, qui dirige la police d’Oran.  On se délecte de sa relation avec sa mère, sa compagne  et les flics avec lesquels il travaillent depuis des années.  Tiab  se joue de son lecteur, disloquant d’abord son récit pour ensuite rassembler chaque pièce du puzzle narratif.   C’est brillant, d’une écriture nerveuse qui sait jouer avec tous les procédés qui retarderont le dénouement. A ce titre “Gymnopédie pour une disparue” est un polar efficace et souvent jubilatoire qui nous initie à la médecine chamanique, à la sorcellerie maghrébine sur fond d’interrogation identitaire.  De Honfleur à Oran en passant par la Syrie l’écrivain met en place, sur un air d’Eric Satie, un piège narratif qui se referme implacablement sur le lecteur. 

Archibald PLOOM 

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter        

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :