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MISE EN PIECES de Nina LEGER :

La quatrième de couverture  promet « un palais de mémoire qui, à mesure qu’il se peuple de sexes nou­veaux, se com­plique de cou­loirs, d’annexes et de dépen­dances. Les portes y sont tou­jours plus nom­breuses».  Et la promesse est tenue. Nina Léger imagine pour Jeanne, le personnage central de son roman, une vie  qui ne serait  que sexuelle.   Une vie peuplée d’inconnu au visage de sable, s’effaçant au terme de la rencontre. « Jeanne  apprécie les arrangements nets, la répétitivité parfaite  des chambres d’hôtel : chaque objet  y présente une garantie sérielle, même les audaces décoratives. » On l’a compris Jeanne fonctionne plutôt sur un mode cerveau gauche.  Les mauvais coups ne font pas long feu et les bons guère plus.   Jeanne raconte des histoires, d’enfants, de maris, des histoires qui lui permettent  d’échapper  au rendez suivant, à la régularité.  Elle a appris aussi à claquer les portes, à disparaître radicalement, préférant  le silence au don d’un nom factice.

   Nina Leger aborde la sexualité de son personnage sur un mode infiniment non romantique. « Mise en pièces » est une romance sans romance.  Du sexe sans autre cause que le désir de sexeSans explicitations psychologiques. Le sexe que pratique Jeanne est sans pourquoi. Les descriptions de l’écrivain sont cliniques,  des autopsies  sous une lumière blanche et crue,  des procès verbaux d’actes sexuels sans suite.  Du sexe avec un point final dès le début.  Mais il y a aussi leurs sexes, qui sont  autant  d’œuvres d’art qu’elle apprécie en esthète. Les chambres  se succèdent comme des galeries d’art.  Jeanne  contemple les phallus de ses partenaires en esthètes,  évaluant leurs qualités,  leur  beauté naturelle, leur potentiel.

   Les lecteurs qui  seraient à l’affût  d’un roman érotique  en seront pour leur frais. « Mise en pièces » est un titre  qui dit bien le projet littéraire qu’il annonce. En cela  cette romance sans romance est une vraie réussite.  Une romance à un personnage, celui d’une femme qui assume  ses fantasmes  et qui de chambre en chambre, de transport en transport,  construit  son  museum du sexe masculin…

Appoline SEGRAN  

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