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ENTRETIEN AVEC ARCHIBALD PLOOM POUR SON ROMAN "LA PREMIERE FOIS QUE J'AI ETE DEUX" :

 Archibald Ploom nous propose avec “La première fois que j’ai été deux”  un roman d’amour qui plonge ses racines dans l’histoire européenne.  Karen Traban son héroïne est passionnée de littérature et de musique et sa rencontre avec un jeune anglais va l’entrainer bien au-delà de ce qu’une simple histoire d’amour  peut  proposer. L’écrivain a accepté de répondre aux questions d’Appoline Segran pour Culture-Chronique.

Appoline SEGRAN :  Votre roman  “La première fois que j’ai été deux”  est un véritable petit piège littéraire, on croit à un classique roman d’amour mais en vérité ce n’est que le début.

Archibald PLOOM : Oui ce n’est que le début… Comme l’histoire de chacun d’entre nous qui n’existe que dans un environnement particulier.  L’amour est la grande affaire de notre vie mais immédiatement au second plan il y a les gens qui nous entourent, notre village, notre quartier,  et puis l’Histoire  qui nous tient en otage toute notre vie.  Ce n’est pas la même chose de vivre aujourd’hui qu’en 1917 en France…

Appoline SEGRAN :  Votre roman se déroule au début des années 2000.

Archibald PLOOM :  Oui je tenais à cette distance.  Je n’aime pas le temps immédiat. Il absorbe l’écrivain, l’entraine dans le tourbillon de l’actualité.  Ecrire sur un temps révolu, même s’il ne s’agit que d’une décennie, est toujours plus facile , du moins pour moi.

Appoline SEGRAN : Votre héroïne, Karen Traban,  est encore au lycée.

Archibald PLOOM : Oui Karen passe le bac,  le roman se déroule sur quelques mois durant l’année de terminale. Je voulais écrire sur ce passage  de la vie, ce moment de basculement entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte. 

Appoline SEGRAN :  Elle juge le monde qui l’entoure avec une ironie mordante…

Archibald PLOOM :  Absolument, c’est de son âge… Et puis la vie ne lui a pas réservé que des bonnes nouvelles. Elle se protège comme elle peut. Elle vit avec une mère dépressive, n’a jamais connu son père et n’ai pas très chanceuse avec les garçons.  Elle a des raison d’être un peu en colère.

Appoline SEGRAN :  En même temps c’est une jeune fille qui a vite compris que la vie peut rapidement devenir une comédie.

Archibald PLOOM :  Oui elle ne se fait guère d’illusions tout en conservant au fond d’elle une forme d’espérance romantique. Un romantisme qui aurait été trempé dans un bain d’acide voltairien.

Appoline SEGRAN :  Une voltairienne en jupon…

Archibald PLOOM : Oui c’est un peu ça.  Karen Traban est un personnage que j’ai travaillé pendant une dizaine d’années à partir d’instantanés de jeunes filles que j’ai glanés ici et là. C’est une construction narrative de longue haleine. J’ai connu une Karen Traban au même âge,  c’est sans doute de là que tout est parti…

Appoline SEGRAN :  Un amour de jeunesse…

Archibald PLOOM :  Qui sait… mais une chose est certaine il y a parfois une lucidité  incroyable chez une jeune fille de 17 ans souvent associé à une forme de révolte. Karen est une littéraire, c’est un don que sa mère lui a fait. Elle lit énormément et c’est une jeune fille a qui on ne la fait pas. Les représentations que les garçons ont des filles, l’hypocrisie des adultes, la société de consommation, la tristesse de la banlieue sont autant de thèmes qui habitent le roman. Karen cultive un goût pour le romanesque  sans pour autant rêver d’une romance.  Elle ne se fait pas trop d’illusions sur le cours que peut prendre la vie d’une gamine de banlieue…

Appoline SEGRAN :  Et pourtant elle va faire une rencontre qui va changer sa vie…

Archibald PLOOM :  Oui et une telle rencontre à 17 ans  procure une intensité particulière.  Quoi qu’il puisse se passer ensuite ce moment  restera “hors temps”. C’est ce que j’ai voulu raconter.  Tom et Karen vont s’inventer une histoire unique à partir  de leur révolte en refusant  finalement de s’y enfermer.

Appoline SEGRAN :  Karen et Tom  sont aussi musiciens.

Archibald PLOOM :  Leur rencontre aurait été impossible sans la musique.  Ils partagent cette passion. Au fond c’est ce qui les sauve, ils sont capables de s’abstraire dans la musique. Elle fait partie de leur vie.  Mais leurs cultures sont différentes, Tom est anglais et Karen française.  J’ai trouvé intéressant de confronter ces deux  approches : Karen possède une solide  formation classique tandis que Tom adore le rock. 

Appoline SEGRAN : Votre roman possède une BO  remarquable. Chaque chapitre débute par les paroles de titres emblématiques de rock.

Archibald PLOOM :  Oui c’est un parti pris que j’ai trouvé intéressant.  U2, The Who, The Rolling Stones,  The Kinks, The Jam sont des groupes dont l’influence musicale a été, et reste, considérable. Je voulais écrire un roman immergé dans la bande originale de ces quarante dernières années.  Tom et Karen sont sensibles à certains morceaux qui désormais appartiennent à l’histoire. Ils révèlent l’influence du passé sur le présent de jeunes gens.  C’est une particularité  de l’après seconde guerre mondiale.

Appoline SEGRAN :  L’Histoire est le troisième personnage du roman.

Archibald PLOOM : Elle l’est pour nous tous sans que nous en ayons toujours conscience.  J’avais envie d’explorer cette part de la réalité qui nous traverse insensiblement jusqu’à parfois nous détruire.  Karen va progressivement comprendre que son histoire est intimement liée à des événements qui ont précédé sa naissance.

Appoline SEGRAN :  A ce titre “La première fois que j’ai été deux” est un roman européen.

Archibald PLOOM :  Oui absolument !  La géographie du roman traverse la France, la Grande Bretagne,  la Pologne et l’Allemagne, quatre pays  où se sont noués  le destin des ancêtres des 2  protagonistes.  

Appoline SEGRAN :  Au terme du roman le lecteur se dit qu’il a fait un sacré voyage dans le temps.    

Archibald PLOOM :  Oui un voyage initiatique  qui va changer la vie de nos deux personnages.  Un voyage  dans l’Histoire qui va commencer sur un vieux  scooter  dans les plaines de Seine et Marne et se terminer à Londres… L’amour a parfois des détours étranges...

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