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L’APPEL DE LA LUNE de Tidiane N’DIAYE :

Les premières pages ont un côté hypnotique. L’encre colle à la rétine et il est difficile de détacher ses yeux du texte.

Le lecteur est directement expédié au cœur du paysage. Les sensations prennent au cou et serrent comme une écharpe. Impossible de ne pas céder au mélange de douceur, de beauté et d’exotisme qui enveloppe ce récit.

Afrique du Sud. Fin du 19 è siècle.

La famille de Marc Joubert habite la région de Durban depuis 9 générations. Huguenots, ils ont fui la France et ses guerres de religion pour se réfugier dans la péninsule du Cap. Ils y travaillent la vigne. Marc s’occupe du négoce. Il prend la tête des convois qui acheminent le vin d’un point à l’autre. Une nuit, le hasard le conduit dans un lieu escarpé et il contemple une scène irréelle. Comme si une pellicule se déroulait devant ses yeux incrédules, une jeune guerrière zouloue se matérialise et elle danse à la lune. Marc est aimanté, il ne peut détacher ses yeux de ce spectacle féérique et il tombe instantanément amoureux de cette déesse noire. Isiban, car c’est elle, est une princesse zouloue. Le jour, elle est servante dans une exploitation agricole et la nuit, elle s’échappe, elle se rend dans une crique secrète et elle s’expose à la lune. Elle se douche aux rayons de l’astre et se love au creux de ses replis. Marc tangue du rêve à la réalité. Le lendemain la scène l’obsède, il la revit toute la journée et le soir venu, il retourne sur les lieux. Aimanté, il y retourne en boucle. Il laisse des cadeaux pour Isiban sur une pierre plate et un soir, les jeunes gens sont face à face. Marc apprivoise sa belle déesse. Ensemble, ils franchiront toutes les barrières. La différence de peau n’en est pas une, ils sont perméables l’un à l’autre et ils se parlent avec les yeux, ils lisent l’un dans l’autre et décryptent leurs expressions. Ils vont heurter des obstacles beaucoup plus puissants ; les coutumes.

Un précipice à sauter. Il ne se nomme pas encore ségrégation. En ce temps et en ce lieu, le racisme est un mot inconnu. Le blanc s’est imposé comme dominant naturel dans ce milieu qui n’est pas le sien.

Afrikaners. Le mot est dur. Le mot évoque Le Cap, Prétoria. le mot renvoie au sang, à la violence. Dans le roman de Tidine N’Diaye, la cohabitation semble à la fois solide et d’une grande fragilité, on se demande comment ça tient. La guerre gronde au loin. Les Anglais veulent assujettir la population Zouloue et on tremble pour les beaux personnages qui étoffent cette histoire si attachante.

Annick FERRANT 

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