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DANS UN TEMPLE ZEN de Sebastien ORTIZ :

J’avais quitté la France le mois précédent. J’avais tout juste vingt ans. Amoureux à sens unique d’une fille qui se prénommait Aurore, j’avais construit sur son nom, et sans qu’elle le sût , tout un échafaudage de rêves, qui avaient fini par se déliter. Misérable, je n’avais alors eu qu’une hâte, celle de quitter Aix en Provence  qui m’était devenu une prison où j’étouffais.”    Parfois un destin bascule en un mot, comme une carte qu’on jette dans une partie perdue d’avance, ici  l’épithète “misérable”  qui annonce un changement de cap radical pour le jeune Sébastien Ortiz.  Rupture complète avec sa vie d’avant et départ pour Taïwan où il s’installe chez un ami puis  découvre le monastère d’Emein où vivaient des moines et des nonnes à l’année et où le maître  lui propose de rester “un an, dix ans  ou cent ans” s’il voulait .

     Commence alors une aventure intérieure qui constitue l’essence de l’ouvrage  d’Ortiz “Dans un temple zen”, aventure qui commence chaque jour  à quatre heures trente  du matin  moment où les moines se lèvent pour commencer la  première méditation.  Le type de méditation que découvre le jeune homme est appelé “zazen” au Japon. Position du lotus ou du demi lotus, colonne vertébrale  redressée, nuque étirée, langue calée  contre le palais,  main gauche paume orientée vers le ciel  sur la main droite, les pouces entrant légèrement en contact, les poignets reposant sur les cuisses, inspirer naturellement et expirer longuement en poussant sur le ventre au terme du processus d’expiration, garder les yeux ouverts et ne pas s’accrocher aux pensées qui passent, le plus difficile évidemment… Ortiz partage la vie des moines. Il prend l’habitude de jardiner. “ Après chaque averse, mon parterre était envahi par les mauvaises herbes. Je les arrachais une à une, patiemment,  comme il est dit des pensées superflues pendant la méditation.”

   La pratique de la méditation va permettre au jeune homme de retrouver son centre.  Les effets  d’une vie basée sur  la répitition des zazens  vont produire  une plus grande présence  au monde – en particulier vis à vis de ce qui peut sembler comme les manisfestations les plus ordinaires  de l’existence – une adhésion pleine et entière à l’instant présent,  une sérénité qui récuse les passions négatives et un tonus rarement éprouvé.  Au terme de l’ouvrage le lecteur  a compris le sens de ce beau voyage qui se résume dans une très belle formule de Sébastien Ortiz : “Je redescendis dans le monde plus léger que je ne l’avais quitté”.  Et si au fond nos vies tenaient à cette capacité de retrouver cette légèreté  cachée au fond de nous ?   Un bien bel ouvrage en vérité…

Archibald PLOOM  

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