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GEISHA OU LE JEU SHAMISIEN de Christian PERRISSIN et Christian DURIEUX :

   Un kimono en soie aux motifs détaillés inspirés par la nature posé à plat, préparé avec soin, dans l’attente d’une cérémonie ou simplement d’être incarné. Cette illustration nous plonge dans l’album et donne ainsi le ton.

   Premier tome d’une série, Geisha annonce dés le début qu’il ne sera pas l’album déballant la panoplie de clichés et fantasmes malicieux que l’on peut nourrir pour les Geisha. 

   Japon des années 20, le personnage principal est une jeune fille issue d’une famille abimée, elle sera vendue pour travailler au service d’une maison de Geisha. Sa singularité, c’est qu’elle n’est pas belle, elle n’a pas les caractéristiques attendues d’une Geisha. Elle n’est ni gracieuse, ni délicate, ni charmante. Elle n’a pas un visage harmonieux. Mais sa sensibilité va se révéler et elle découvrira ainsi comment trouver sa voie dans les méandres de la bienséance et les codes de l’univers des Geisha.

   Très rapidement, notre héroïne se retrouve un peu perdue voire même déboussolée sans sa famille et ses repères. C’est donc une histoire de passage à l’âge adulte et d’émancipation. Ce passage va se décliner dans l’album par un déplacement de la campagne vers la ville d’abord, puis de la famille vers la maison de Geisha et aussi à travers l’écoulement des saisons. La nature est majestueusement représentée, sa beauté simple est magnifiée par le trait léger et un camaïeu de gris qui rend superbement le climat dans toutes ses humeurs. L’éclosion des fleurs au printemps ou la délicatesse de la neige qui tombe font écho à tous les changements que traversent le personnage principal tour à tour en émoi, parfois en retenue, souvent discrète et triste de solitude.

   Le Japon est fidèlement représenté dans toute la beauté de cette culture qui mêle simplicité et sophistication. Une attention est portée aux décors et aux détails. Le vocabulaire est très précis notamment pour tout ce qui concerne l’univers des Geisha. C’est un délicat voyage dans le temps, dans un univers tour à tour esthétique, violent et mystérieux.  Les auteurs ont puisé leur inspiration dans le cinéma japonais et donc des plans superbes détaillent les expressions et les émotions des personnages. 

   Le lecteur se sent comme cette jeune fille, à vivre une initiation dans cet univers si fermé qui attise tant nos imaginaires d’européens. En s’attachant au destin singulier d’une jeune fille, son regard ingénu qui nous permet de pénétrer les secrets pour ainsi voir ce qui doit être tu et attiser toujours la convoitise, les auteurs réussissent à nous happer et nous donner envie de découvrir un peu plus ce qui se cache sous les kimonos de soie et les peignes, les maquillages et les coiffures parfaitement maitrisées. Ainsi ils réalisent un album aussi délicat qu’un pétale de fleur au printemps, en nous donnant à voir à travers ce regard unique et en toute discrétion un petit monde clos et secret tout à fait sublime.

 

Marie SATOUR  

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