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SEANCE 18 : L'AMITIE VERITABLE :

Faire une thérapie devrait toujours être  un acte profitable.

Je me demande si avoir une meilleure amie, une amitié véritable n’est pas encore plus bénéfique.

Quand j’ai le moral dans les chaussettes, que je suis éparpillée, passer du temps avec elle me remet les idées en place.

Toutes les deux, nous parlons beaucoup, nous marchons beaucoup, nous buvons des quantités incroyables de thé.

Pour se raconter, se  parler  de nos vies, de nos peurs,  du futur, pour  plaisanter sur notre vieillesse et sur nos incontournables défauts.

À une amie véritable, on doit pouvoir tout dire sans risque d’être jugée, on doit pouvoir être présente dans les moments douloureux, on doit l’accepter dans sa totalité avec ses parts d’ombre et de lumière, on doit accepter ses différences, on doit pouvoir savoir que le temps passera mais que l’amitié  persistera.

L’amitié se juge au long cours, au fil des années.

Je ne crois pas aux amitiés véritables et multiples qui se font et se défont tous les ans.

J’ai l’amitié exigeante, fidèle, et entière.
Je ne délivre pas mon amitié à la sauvette.

Il faut que la confiance s’installe.

Je prends mon temps mais je n’aime pas prendre l’eau.

Je déteste les montagnes russes.

Il me faut du stable, du sécurisant.

Et puis il faut de la légèreté, pouvoir rire ensemble même du pire, et de l’autodérision pour ne pas trop se prendre  au sérieux.

Il y a les conversations essentielles qui surgissent sans qu’on les y invite au détour d’un échange au départ anodin, et les papotages superficiels qui semblent ne servir à rien et pourtant font du bien.

Le tricotage de ces deux extrêmes qui nous lient, soude la relation,  la rend profonde, intéressante, pérenne.

Ce n’est pas une sœur, car il n’y a aucune obligation filiale entre nous, aucune injonction familiale, aucun devoir lié à la fratrie, aucun engagement parental.

Nous nous sommes choisies et nous pourrions décider de ne plus nous voir si nous considérions, que cette amitié nous fait du mal, ou qu’elle n’a plus de sens.

À l’inverse même si on se fâche  avec sa fratrie, la réalité est qu’une fratrie reste liée, qu’elle le veuille ou non, envers et contre elle.

Je suis fille unique, née  de parents « vieux ».

Je me suis construite avec des dialogues imaginaires de fratrie imaginaire.

J’ai profité des avantages qu’offrent  d’être l’objet unique de l’attention mais aussi du poids d’être l’objet unique des rêves à réaliser.

Une véritable amie est un peu une sœur de cœur.

Quand nous serons archi-vieilles, nous parlerons de nos vieux os, mais avec notre jeunesse en tête.

Nous oublierons les douleurs de l’arthrose, emportées  par nos balivernes…

 ALICIA RAHO (2011) Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

 Lire la séance 19  

 Relire le feuilleton des séances depuis le début

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