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LES PARAPLUIES D’ ERIK SATIE de Stéphanie KALFON :

Stéphanie Kalfon est partie sur la piste d’Erik Satie, pianiste bohème égaré entre deux siècles. Un artiste rebelle. Il a refusé d’être l’esclave des règles de l’art et en a payé le prix fort, il s’est recroquevillé dans l’ombre de ses parapluies.

Erik Satie est né en 1866 à Honfleur. Musicien et compositeur dans l’âme, il s’inscrit au conservatoire de musique et ça ne va pas. Les professeurs exigent des élèves guindés, des élèves académiques et ça ne va pas ! Eric est surdoué. Ses doigts filent sur la musique, son corps roule sur le piano, il interprète ce qu’il ressent.

Il est embauché dans un cabaret parisien. Entre deux partitions, il s’égare dans l'absinthe et il cède à la griserie de cette fin de siècle.

Il fréquente Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine, Maurice Ravel, Jean Cocteau et il demande Suzanne Valadon en mariage.

Dans ma tête, il s’était dessiné un homme vif au caractère puissant.

Stéphanie Kalfon a capté une facette différente du personnage, elle a regardé Erik Satie sous un autre angle et son adaptation m’a déstabilisée.

La romancière dépeint un homme qui ne s’est jamais habitué, ni à la vie, ni à son époque, ni au rythme immuable du jour et de la nuit. Un homme malade de mélancolie qui n’a jamais guéri, il est mort de tristesse.

Erik avait deux amis proches ; le compositeur Claude Debussy et le poète Patrick Contamine. Sa vie sociale était luxuriante pourtant il crevait de solitude artistique. Erik Satie précurseur. Erik Satie en avance sur son temps n’avait personne avec qui partager le nectar de ses créations. Il n’a jamais rencontré de virtuose à la hauteur de son talent.

Stéphanie Kalfon a une écriture incroyable. Elle maîtrise tous les effets.

C’est magnifique quand elle le décide. Sombre, serré et obscur quand elle veut. Ses phrases s’emballent et déchirent la toile de fond dès qu’elle le souhaite. Une plume incontestable. Une plume à laquelle je n’ai pas succombé. Ma lecture a été dominée par une sensation de détachement. Je n’étais pas là. Je regardais Erik Satie évoluer de très haut comme si j’étais loin du livre. Le texte a un côté statique, l’histoire a glissé sur moi.

Pour de nombreux lecteurs, ce roman est un coup de cœur. Moi, je suis restée à la porte. J’ai regardé les gens s’amuser à l’intérieur et je n’ai pas trouvé le code d’accès. Parfois, je parvenais à entrer et c’était merveilleux mais j’étais remise à la porte, chaque fois. C’est donc de dehors que j’applaudis la prouesse artistique de Stéphanie Kalfon. «Les parapluies d’Erik Satie» ravira les amateurs de poésie.

Annick FERRANT

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