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MAITRESSES FEMMES de Steinunn SIGUDARDOTTIR :

   Voilà un roman qui va surprendre. “Maîtresses femmes”  est une oeuvre à la fois déstabilisante  - pour les hommes -  et stimulante  - pour les femmes.  L’écrivain islandais, Steinunn Sigudardottir, nous propose une fable bien de notre époque où le désir et la sexualité  féminine  se taillent la part de la lionne. Maria Holm  est une vulcanologue  islandaise, une sommité dans son domaine,  qui se rend en France  pour un congrès de vulcanologie. Dans l’avion entre Reykjavik et Paris elle croise Gemma , une belle italienne qui ne va pas tarder à lui faire des avances.  Maria qui se pense positivement hétérosexuelle refuse d’abord les propositions de l’envoutante italienne puis finit par lui céder à Paris.

  Ceux qui imaginent qu'il s'agirait  d’une oeuvre polissonne  où la froide islandaise serait dégelée par la brûlante méditerranéene en seront pour leurs frais car  “Maîtresses femmes”  est bien plus qu’un long glissement vers une autre sexualité.   Gemma ne va pas seulement séduire Anna, elle va lui révéler une vision  de l’avenir des femmes dans la société tout à fait originale.  Certes les hommes en prennent pour leur grade mais il faut reconnaître que beaucoup  de ses arguments font mouche. “ Je n’étais pas vieille quand je me suis rendu compte que les hommes sont, au meilleur des cas, un fardeau pour les femmes et au pire, de vraies bêtes féroces pour quelques unes, et ce dans le monde entier. Tout a concordé quand j’ai commencé d’y voir clair. Les hommes sont des destructeurs.  Ils violent femmes et enfants, font mourir  des millions d’hommes dans des fours à gaz et  les goulags. Ils anéantissent la nature, les forêts vierges  comme les hauts plateaux islandais, ils empoisonnent le monde  et remplissent terres et mers de déchets, radioactifs  au besoin.  Ils se comportent comme si nous avions  un jeu de planètes à notre disposition, où déménager quand nous aurons définitivement bousillé notre terre. Et cette heure approche.”  Les desseins de Gemma vont évidemment bien au delà de son seul désir pour Maria Holm.

   Ce roman truffé de pointes d’humour et de sarcasmes bien sentis se montre tout à fait rafraichissant. La rencontre  entre les deux femmes  offre une méditation  passionnante sur des thématiques  qui se concentrent sur la vie des femmes  et la place  qu’elles occupent dans la société.  “Maîtresses femmes”  est bien plus qu’un roman,  c’est une oeuvre à la fois poétique et profondément philosophique qui vaut vraiment les heures de lecture que vous lui consacrerez. 

Apolline SEGRAN

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