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VERNON SUBUTEX - L’INTEGRALE EN 3 TOMES de Virginie DESPENTES :

 En France quand Fred Vargas vend 100 romans,  Anna Gavalda en vend  26 et Virginie Despentes 31.  Hormis le fait qu’on pourrait se dire que les écrivaines dominent la littérature française - mais ce serait prendre l’actualité littéraire du moment pour la photographie d’une réalité pourtant bien masculine - la véritable question tient en quelques mots : pourquoi Virginie Despentes n’est-elle pas en tête des ventes?  Car le phénomène littéraire c'est elle ! Despentes a su imposer un style néo punk  qui ne consiste pas seulement à écrire avec une épingle à nourrice dans le doigt.  L’écriture Despentienne même si elle  s’est un peu assagie conserve cette puissance célinienne qui emporte tout sur son passage  pour le plus grand plaisir du lecteur.  L’oeuvre de Despentes est sans doute ce qui est arrivé de mieux à la littérature française depuis vingt ans. On est très loin des  romans germanopratins qui lisent les lignes de la main des névroses de la France qu’ont dit d’en haut.  Despentes a toujours été du côté des vaincus et c’est  ce qui fait la force de son écriture.

 La trilogie “Vernon Subutex” se referme désormais sur un dernier volume qui débute sur la rage de dents de Vernon l’ancien disquaire devenu le gourou d’une petite communauté nomade  qui se nomme elle même “le camp”.  La cohorte de paumés ou d’originaux  qui entourent Vernon  ont fait de lui leur directeur de conscience, le révélateur de leur meilleure part.  En trois tomes Despentes réalise une série de portraits des bas et hauts fonds de la société de ce début de millénaire.  On retrouve avec bonheur certains personnages haut en couleurs et aux obsessions itératives.  L’ensemble constitue une saga de plus de mille pages  d’une rare efficacité narrative dont on taira la ligne générale pour ceux qui n’y ont pas encore mis le nez mais le déferlement de rock qui  hante chaque chapitre renvoie à la passion de l’auteure pour la musique, ce langage universel qui constitue sans doute la meilleure religion pour l’humanité. 

   La vie de la petite communauté est croquée avec un talent et un réalisme à la croisée de la sociologie, de la critique des idéologies et de la psychologie des moeurs, le tout mélangé avec un bâton de dynamite dans un bain d’acide. Le seul reproche au terme des 1200 pages tient sans doute à l’idée générale qui sent sa thèse complotiste : au fond les crises économiques, le terrorisme et tout ça … c’est  une organisation générale  que les  plus riches ont conçu pour mettre les crevards - c’est à dire la majorité de la population -  au pas.  C’est un peu fatiguant à la longue ce type de théorie mais bon, c’est un peu comme le naturalisme, il y avait pas mal d’élucubrations pour un peu de vérité mais à la fin on pouvait lire de la bonne littérature. C’est la méthode des orpailleurs et finalement celle de Despentes : transformer  des quantités de saloperies humaines en or littéraire. 

Archibald PLOOM

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