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CORAP de Max SCHIAVON :

    Il ne suffit pas d’être le meilleur pour rester dans l’Histoire, il faut aussi que les circonstances vous soient favorables,  c’est ce que démontre l’ouvrage de Max Schiavon qui retrace l’histoire de ce militaire surdoué que fut André Corap. D’abord héros national en 1926 pour son raid audacieux à la tête de sa 8eme Brigade qui permit la capture du chef rebelle Abd el-Krim et mit fin à la guerre du Rif. Entré et sorti premier de Saint Cyr, Corap eut une trajectoire militaire tout à fait exceptionnelle. Général à 51 ans en 1929, il sera successivement chef d’état-major du général Weygand avant de commander la division d’Alger et les troupes du Maroc. Un parcours sans faute. Il revient en France en 1937 pour commander à Amiens la seconde région militaire où il va préparer un conflit qu’il a annoncé. 

     Quand la guerre débute Corap est nommé à la tête de la 9eme Armée  qui va encaisser entre Namur et Charleville Meizière, en mai 1940, l’essentiel de l’offensive des Panzercorps allemands. Le bon sens dont il a fait preuve pendant la guerre du Rif quelques années auparavant ne vont pas suffire face à une armée aguerrie  face à des unités disparates et mal équipées… Chacun connait la suite.  La supériorité écrasante des Allemands sur  la Meuse. Face aux IXeme et IIeme armées les allemands vont opérer des percées éclairs de plusieurs dizaines de kilomètres. Le 18 mai tout est perdu.  Corap est désormais condamné à la vindicte des dirigeants et du peuple. Son incompétence est dénoncée par presque tous.  L’évocation du général Corap sera désormais en France un véritable dossier à charge.

   C’est ce dossier que rouvre pour nous Max Schiavon  dans une biographie  éclairante  sur ce personnage tombé depuis dans un oubli hostile.   L’historien, après avoir retracé avec minutie le parcours de cet enfant gâté du cursus militaire, va reprendre point par point les accusations qui mettent en cause les compétences militaires du commandant de la IXeme armée lors de l’offensive de mai 1940 et force est de constater que Corap a surtout  servi de paravent à une République qui n’avait pas su préparer la guerre.  “Malheur aux vaincus !”  ajouteront ceux qui connaissent l’ingratitude de l’Histoire.  Reste que ce “Corap” est une oeuvre à lire avec passion et à méditer longtemps.

Hugues DE SINGLY 

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