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TREIZE JOURS de Roxane GAY :

   En Haïti le kidnapping est un sport national. Quand vous êtes fortunés – ce qui est plutôt rare dans ce pays qui semble banni de dieux – vous êtes en danger.  Mireille Duval Jameson est  une avocate d’origine haïtienne mais elle vit et exerce aux Etats Unis.  Mireille est aussi la fille de l’un des hommes les plus fortunés de l’île et c’est ce qui va justement faire irrévocablement basculer sa vie.  La jeune femme va être enlevée alors qu’elle passe des vacances dans la capitale Port au Prince en compagnie de son mari Michael et leur bébé Christophe.  Les ravisseurs ne vont pas tarder à réclamer une rançon : un million de dollar.

   La jeune femme pense que son père va rapidement payer mais ce dernier refuse craignant que toutes les femmes de sa famille ne soient successivement enlevées.  La jeune femme se retrouve alors dans une situation impossible entre les mains d’une brute qui se fait appeler “le commandant” qui n’hésite pas à écraser ses cigarettes sur le ventre de Mireille.  Un homme qui va constamment la maltraiter, la rabaisser, la violer.  Pendant treize jours  le jeune femme va vivre un véritable enfer et quand  son père se décide enfin  à payer la rançon,  Mireille rentre brisée.

  L’ouvrage remarquablement traduit par Santiago Atozqui laisse au lecteur une impression poisseuse et lourde, de celles qui ne disparaissent pas en quelques heures tant l’écrivaine américaine a réussi à transformer sur le plan littéraire ces treize jours de cauchemar.  Roxane Gay est, comme son héroïne, d’origine  haïtienne. Elle connait bien les beautés et les horreurs de sa terre d’origine et le tableau qu’elle nous offre est à déconseiller aux lecteurs trop sensibles. Il y a une sauvagerie et une brutalité dans son récit qui ne peut laisser aucun lecteur indifférent. 

   “Treize jours” est aussi une méditation sur le pardon et la nécessité de reconstruire sa vie après un traumatisme d’une violence inouïe. Mireille devra désormais intégrer cette parenthèse d’épouvante. La prose de Roxane Gay parvient à  peindre magistralement un Haïti où se côtoient  misère et privilèges, déchéance et solidarité. Le lecteur est plongé dans les méandres d’une psychologie qui a côtoyé le royaume des morts au point de ressentir le froid des caresses d’Hadès.  Magistral !

Archibald PLOOM

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