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QUE DIEU ME PARDONNE de Philippe HAURET :

     Philippe Hauret travaille à l’ombre de grands aînés, les américains d’abord,  Fante, Carver, Bukowski,  Thompson mais aussi les français du petit noir comme Jean-Patrick Manchette et Didier Daeninckx.   Les spécialistes du genre comprennent vite que notre écrivain a su forger son style dans le meilleur creuset.  “Je vis, je meurs” son précédent roman avait imposé un style hyper psychologique. Philippe Hauret avait su convertir le vers de Louise Labé “Je vis je meurs” en un polar crasseux à souhait où des existences lessivées tentaient de retrouver le minimum de dignité qui pourrait leur permettre de reprendre la main.   L’écrivain sait se faire portraitiste des âmes perdues avec un talent consommé au coeur d’une narration efficace et réaliste. C’est de nouveau le cas avec “Que Dieu me pardonne” qui confirme le goût du portrait de Philippe Hauret . Cette fois on quitte les rues de Paris de “Je vis, je meurs” pour une ville de banlieue qui coule des jours paisibles entre son quartier résidentiel qui accueille la bourgeoisie aisée et la petite cité  aux tours anonymes  où  les jeunes trompent leur ennui  dans les cages   d’escaliers.

    Les personnages que l’écrivain va solidement ancrer dans son récit  forment un triangle narratif  remarquablement efficace entre Mattis le flic mélancolique et grincheux, les jeunes de la cité, Kader qui  trafiquent à tout va et la jolie Melissa qui rêve d’une existence loin de la cité,  enfin Rayan ,  le bourgeois plein aux as  mais  un peu dingue.  Hauret a une inclination particulière pour les âmes perdues et  “Que Dieu me pardonne”   ne déroge pas à cette philosophie où l’humain  tient toujours la première place.  L’écrivain sait ensuite créer un climat où les rencontres sont autant de précipités chimiques fortement instables. Evidemment quand on est pressé de rattraper les occasions perdues c’est souvent la grande faucheuse qu’on rencontre au coin de la rue.  Ajoutez à ce remarquable cocktail une bonne dose de formules d’une ironie tranchante sur le monde comme il va et vous tenez avec certitude l’un de ces roman noir qu’on ne lâche qu’au point final.

Archibald PLOOM

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