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UN BRUIT DE BALANCOIRE de Christian BOBIN :

  Depuis plusieurs décennies nous suivons avec émerveillement le cours de la source vive des publications de Christian Bobin. Son oeuvre est intemporelle, inspirée et indéfinissable. Son écriture  est un souffle qui se régénère à chaque mot. Définir le travail d’écriture de Bobin serait aussi difficile que de courir après le vent.  La parution d’“Un bruit de balançoire” sera pour ses fervents lecteurs – et pour ceux qui n’ont pas encore la chance de connaitre son oeuvre – un nouveau bonheur de  lecture : une série de lettres adressées à des destinataires chaque fois différents. “Il m’a semblé qu’il écrivait des lettres. Il ne sait écrire que ça. Sa vie n’est rien qu’écrire. Le panda mange de l’eucalyptus et lui de l’encre. Il s’agit là d’une excellente définition de l’art de Bobin.  

   Chaque lettre constitue un texte de quelques pages que l’on reçoit comme une célébration. Lettre à une inconnue, un nuage, à sa mère, au coucou, aux jeunes gens de Lodz, à Ryokan le disciple de Dogen – qu’on ne s’étonnera pas de trouver là -,  à un vieil escalier, ou encore à un fantôme. Cette liste n’est évidemment pas exhaustive mais au détour de chacune d’elle un émerveillement surgit comme la lumière d’une clairière après une longue marche sous l’ombre des grands arbres. “A Birmingham, un cimetière ceinture une église. Des tombes earl grey douce à l’oeil, suaves à l’esprit avec un arrière-goût épicé de mousse et de premières feuilles mortes. Je découvre, gravé sur une tombe, le jour, le mois et l’année de ma naissance. Une femme repose là, morte le jour où je suis né, quand mes yeux perdant leurs écailles de tortue s’ouvraient au monde. Après quelques minutes je m’éloigne de mon double et de sa tombe anglaise grésillant dans la lumière comme une ampoule en souffrance.”  Où l’on retrouve ce style qui ressemble à une évidence – mais rien de moins simple que d’écrire ainsi – et qui pénètre l’espace de la vie avec une intensité toute particulière. Les images fusent dans le calme apparent de la page libérant un sens toujours inattendu qui surprend le lecteur. Comme beaucoup d’oeuvres de Bobin nul besoin de longs développements mais plutôt des fulgurances de lumières et de silence dans la cacophonie du monde.  Comme un bruit de balançoire dans un jardin abandonné…

Archibald PLOOM  

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