Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
JE ME PROMETS D’ECLATANTES REVANCHES de Valentine GOBY :

    Valentine Goby nous propose avec “Je me promets d’éclatantes revanches” un texte à la fois flamboyant et intimiste qui célèbre une personnalité hors norme qui sut draper le langage d’une dignité particulière, celle qui permit de dire ce qui ne pouvait guère l’être avec les mots. En entrant dans les pas de Charlotte Delbo l’écrivain développe un projet original et puissant : permettre  à ses lecteurs de découvrir une oeuvre forte qui plonge aux coeur de l’indicible.  Charlotte Delbo était née en 1913 dans une famille modeste d’immigrés italiens de la région parisienne.  Elle avait étudié la sténodactylo et l’anglais, avait appartenu aux jeunesses communistes dans les années 1930 et étudié la philosophie à l’université ouvrière.  Elle écrivait déjà du théâtre et de la littérature et était devenue la secrétaire de Louis Jouvet.  La seconde guerre mondiale l’avait vu basculer dans la résistance où elle avait perdu son mari – fusillé au mont Valérien – et s'était vue elle même déportée à Auschwitz, puis à Ravensbrück.

   Le retour de déportation sera le début d’une autre vie pour Charlotte Delbo. Elle avait travaillé pour l’ONU et le philosophe Lucien Lefebvre mais elle avait surtout publié une oeuvre littéraire qui va rapidement manifester une écriture radicale, puissante, suggestive témoignant d’une expérience aux limites de l’humain. “Je me promets d’éclatantes revanches” est divisé en deux grandes parties : “Lire et entrer à Auschwitz” et “Ecrire et quitter Auschwitz”, comme on le voit l’expérience concentrationnaire est centrale.  Valentine Goby écrit : “ Charlotte Delbo n’est pas juive. Je le découvre avec stupeur dès les premières pages du “Convoi du 24 janvier”  (…) A Birkenau, je croyais que n’arrivaient que juifs et Tziganes.” Dès le départ  les clichés sur Auschwitz vont tomber mais ce qui est certain c’est que chaque être est dissout dans la masse du camp, l’individu s’efface.  Charlotte Delbo va rendre compte dans son oeuvre littéraire de la blessure faite à l’espèce humaine, non seulement symboliquement, mais dans sa chair.  Pas à pas Valentine Goby  nous entraine dans l’oeuvre de Charlotte Delbo en pointant tous les défis que cette épreuve exige de la langue. “Celui qui parle d’Auschwitz n’a pas de bouche. Celui qui écoute n’a pas d’oreilles.” Delbo est devenue une compagne de route, un élément du paysage intime de l’écrivaine qui va scruter l’écriture de cette femme disparue en 1985 pour en tirer la substantifique moelle.  En moins de deux cents pages elle nous permet de découvrir un cheminement de vie hors norme et une oeuvre formidablement élucidante sur une expérience dont beaucoup ne sont jamais revenus. Un très beau livre. 

Archibald PLOOM  

CULTURE-CHRONIQUE.COM encourage ses lecteurs à se rendre en librairie  afin de soutenir le réseau des librairies françaises. Vous pouvez aussi cliquer sur le logo "Lalibrairie.com", votre commande sera alors envoyée chez le libraire de votre choix. Enfin, hormis "Amazon", la plupart des librairies en ligne que nous vous proposons sont aussi des librairies de centre-ville que nous vous encourageons à découvrir. La santé du livre dépend de la santé des librairies. 

© Culture-Chronique --                                                

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--   S'inscrire à la Newletter        

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :