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GAZOLINE TANGO de Franck BALANDIER :

Le plaisir d’écrire. Le plaisir d’écrire, on en parle souvent mais on le voit rarement.

Dans Gazoline Tango, la joie fait tressauter les mots. On sent que Franck Balandier a passé un excellent moment à écrire son roman. L’humour survole les pages, la personnalité de l’auteur se dégage entre les lignes et en prime, l’âme du poète est nichée dans chaque phrase. J’en prends une au hasard : « Le ciel d’Afrique porte en lui la beauté absolue de feux jamais éteints. » 

Benjamin est un enfant non désiré. Sa mère est musicienne, batteuse dans un groupe de hard rock. Un groupe composé uniquement de filles. À la fin des concerts, la chanteuse interprète « Gazoline Tango » leur morceau fétiche et elle offre sa petite culotte au public.

Durant les neuf mois qu’il est resté à l’abri au creux de sa mère, Benjamin a développé une intolérance anormale ; le bruit l’indispose. Venu au monde, le bruit l’empêche de respirer. Il devient tout bleu, il frôle la syncope. Benjamin ne peut pas évoluer normalement dans la vie, l’intolérance est trop forte. Il lui faudra des années pour apprivoiser sa propre respiration. Il porte un casque et les bruits lui parviennent étouffés. Le temps est un allié précieux, petit à petit Benjamin s’accoutume aux bruits du quotidien mais toujours avec un casque.

Rester longtemps sans respirer, ça devient vite une habitude. Benjamin en abuse, surtout sous l’eau. Il aime s’asseoir en lotus, dans le lit d’une rivière ou au fond d’une piscine. Il coupe sa respiration et se remplit de l’ivresse des profondeurs. Il n’y a qu’au fond de l’eau qu’il se sent réellement bien.

Franck Balandier a enrobé tous ses personnages d’une touche singulière. Chaque rôle est essentiel. Isidore, le père Germain, Lucienne, Yolande. Ils remplacent la maman démissionnaire. Ils apportent à Benjamin, la tendresse mais aussi l’éducation car Il ne peut pas aller à l’école. Tout ce petit monde habite « la cité des peintres ». Des tours en fin de vie, des tours occupées par cette horde douce et sauvage, cette horde qui aime son quartier défavorisé.

Gazoline Tango, c’est comme une bobine qui se déroule. L’écriture de Franck Balandier est moelleuse et profonde. Sourire, douceur, intensité, arrêt sur phrase. C’est particulièrement agréable à lire. Et puis c’est bourré d’émotion et l’auteur diffuse des messages en continu. Des messages pleins de finesse. On rit, on fume des bananes et on écoute Jean Sébastien Bach.

L’auteur dit : « C’est un roman sur le silence et le bruit »

L’auteur dit : « Laissez-vous faire »

C’est exactement ça, l’histoire nous prend par la main et il faut se laisser faire. Lire Gazoline Tango, c’est tenir 400 grammes de plaisir entre ses mains.

 

Annick FERRANT

 

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