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CES RÊVES QU’ON PIETINE de Sébastien SPITZER :

On assiste à fin de la deuxième guerre mondiale. L’auteur nous transporte sur deux versants et le lecteur vit ces terribles instants avec les personnages. C’est une troublante « vue de l’intérieur »

Nous sommes en Allemagne. C’est la fin. Le 3è Reich a perdu.

Des camps sont ouverts. Des hordes de réfugiés sont lancés sur les routes. Des milliers d’hommes et de femmes, des dizaines de milliers de témoins gênants. Ils sont encadrés par un reste de milice d’une hargne rosse.

Les réfugiés traversent les villages et les habitants hagards observent ce défilé. 

« Sont-ils vraiment sur le point de perdre la guerre ? »  Moins il restera de témoins et mieux ce sera.

Au début du roman, on assiste à une scène hallucinante et on en reste hébété. Nous suivons pas à pas ces réfugiés, et plus de mille d’entre eux sont enfermés dans une grange bourrée de paille et d’essence. Les soldats mettent le feu et attendent les fuyards pour les abattre. Dernier jeu sadique. Cette grange est celle de Gardelegen, c’est un fait historique, elle a existé.

Judah, Fela et la toute petite Ava ouvrent une brèche et s’échappent. Avant de s’enfuir, Judah a subtilisé un rouleau de cuir sur le corps d’un mourant. Il contient des lettres. Désormais, nous allons suivre un récit jalonné de ces lettres. Des pelures rescapées, des courriers qui ont échappé à la censure et n’ont jamais été envoyés.

J’ai du mal à analyser « Ces rêves qu’on piétine » sans vous lâcher quelques brides du récit. Le texte est très puissant. Je ne peux m’empêcher de vous y faire goûter un peu.

L’autre versant, c’est l’histoire de Magda. Elle est la belle-sœur d’Hitler, elle a épousé Joseph, le frère d’Adolph, le Maître à penser du régime.

A l’instant « T » du roman, Toute la famille de Hitler est réduite à se terrer dans un bunker doré, en plein Berlin. Magda revit son parcours en pensée. Née de père inconnu. Une mère faible, absente. Un beau-père juif qui l’adopte immédiatement dans son cœur. Un juif ! Ils ne sont pas du même sang pourtant c’est une tache dans le pédigrée de Magda. Elle effacera purement et simplement son beau-père de sa vie. Il n’existe plus pour elle.

Dans ce bunker, ils attendent un miracle. La famille espère un retournement de situation en faveur de l’armée allemande. Magda a peur. Son mari Joseph a découvert son imposture ; Magda, née de père inconnu, avec un beau-père juif. Adolphe serait capable de les descendre pour ça ! Mais j’en dis trop, j’arrête.

C’est parfaitement romancé, documenté avec précision, notre attention est continuellement captée sans nous épuiser.

Je n’ai qu’un conseil : Lisez « Ces rêves qu’on piétine »

Annick FERRANT

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