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CLEMENCEAU – EDITION DU CENTENAIRE de Michel WINOCK :

    Cette édition revue et augmentée du “Clémenceau” de Michel Winock  vaut vraiment le détour car elle est de surcroît complété par un très remarquable cahier iconographique. L’historien, dans cette somme de plus de 500 pages, raconte avec autant de flamme que d’acuité un Clémenceau, personnage très controversé en son temps, qui va s’imposer progressivement dans l’histoire comme l’un des symboles d’une République française qui ne cessera  de se renforcer face aux vents contraires. 

   Charles de Gaulle  prononcera le 11 novembre 1941, en pleine tourmente, des paroles qui évoquent celui qui aida la France  à tenir lors de l’épreuve terrible de la première guerre mondiale : “Au fond de votre tombe vendéenne, aujourd’hui 11 novembre, Clémenceau ! vous ne dormez pas. Car, certainement, la vieille terre de France qui vous enterre pour toujours a tressailli avec colère tandis que le pas insolent de l’ennemi et la marche feutrée des traïtres foulaient le sol de la patrie...” . “Le-Père-la-Victoire” rappelé par l’homme du 18 juin à la rescousse d’une France  divisée et envahie. Rien d’étonnant en vérité car on retrouve chez de Gaulle et Clémenceau le même sang brûlant  du défenseur de la patrie qui sait imposer à l’action sa marque.

   La biographie de Winock n’a rien de l’hommage aveugle à Clémenceau, dont la vie est loin de se réduire au douze mois de guerre qui ont fait sa gloire. La destinée de se dreyfusart de la première heure fut étroitement mêlée à celle de la  IIIeme République dont il fut l’une des grandes figures. Comme le rappelle Winock :” Par ses convictions, il a été un homme de gauche ; par les responsabilités prises au gouvernement, il a été maudit par cette même gauche, du moment que celle-ci s’est affirmée révolutionnaire avec la montée en puissance du socialisme puis du communisme.” Il faudra attendre quelques décennies et l’échec du marxisme pour que la gauche remette la statue de Clémenceau sur la place des grands hommes. 

   Clémenceau fut durant sa carrière l’homme au quatre têtes, tour à tour le Tigre, le dreyfusard, le premier flic de France, le Père-la-Victoire. Il fut un phénix que le scandale de Panama emporta pour quelques années, un homme de conviction dans son opposition au colonialisme prôné par Ferry, le défenseur d’une république sociale qui sera confronté, par ses responsabilités, à la question de l’ordre faisant de lui l’homme le plus détesté des socialistes et des syndicats.

   Cette biographie, qui n’omet aucun engagement ni contradiction d’un Clémenceau, grand orateur,  craint par ses ennemis et  souvent critiqué par ses amis,  qui avança parfois en solitaire mais devint au fil du temps un inoxydable héros politique à la française et finalement un républicain capital.  Remarquable !

 

Hugues DE SINGLY

 

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