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PETITE DISCOGRAPHIE RAISONNEE DES WHO :

D’aucuns disent que THE WHO furent le premier groupe punk. Très en avance donc ces quatre garçons, pas vraiment dans le vent, qui taillaient leurs jaquettes dans le drapeau de Sa Majesté, et traînaient leurs mauvaises manières des chambres d’hôtel jusque sur scène, où ils avaient la réputation de tout casser. Leur dramaturgie hyper-frondeuse, violente et résolument provocatrice pourrait effectivement faire penser au début du mouvement punk. Mais ce genre de comparaison fait fi de l’histoire. THE WHO ne furent tout simplement pas punks parce que les punks s’inspirèrent des WHO qui avaient largement défriché la route une décennie plus tôt. Et puis Johnny Rotten avait beaucoup moins à dire que Pete Townshed…

Mais laissons de côté ces querelles picrocholines pour nous intéresser à la discographie d’un groupe qui, de 1965 à 1978, produisit quelques albums d’anthologie. Je ne me suis attaché dans cette discographie qu’à l’essentiel…  

Au fait les SEX PISTOLS combien d’albums ?

MY GENERATION (1965)

C’était l’époque où le groupe était encore méchamment engagé dans le mouvement mod. Le titre « My Generation » reste un morceau de bravoure qui prend une bonne décennie d’avance sur le mouvement punk. On retrouve aussi des influences soul indéniables au détour de « Please, Please, Please » ou de « Out In the Street ». D’autres titres comme « The Good Gone », « La-La-La-Lies », « Much Too Much » s’engagent déjà avec assurance sur la voie du power pop.

« The Kids Are Alright » rappelle à la fois la vitalité d’un groupe qui s’engage résolument sur les chemins du rock mais sonne aussi comme un hommage appuyé aux nombreux kids qui composent le public – fortement masculin- des Who. Un album évidemment indispensable.

A QUICK ONE (1966)

A l’époque les grands groupes pouvaient produire un à deux albums par an. Quelques mois après « My Génération » les Who se fendent donc d’un nouvel opus brillant et fortement vitaminé. La pochette pop art en fait déjà un objet de collection avant même la première écoute. Notons quelques morceaux qui feront le tour du monde : « So Sad About Us », « Don’t Look Away », « Run, Run, Run » et le titre non moins célèbre de John Entwistle « Boris The Spider ». J’ajoute que l’embryon de Tommy se trouve dans cet album, il s’agit du titre éponyme « A Quick One » qui déroule sur 9 minutes les premiers essais   « townshendiens » du futur album-concept, manifestation des obsessions du leader charismatique du groupe qui vont nourrir les productions à venir. Celui-là fait aussi partie des indispensables.

SELL OUT (1967)

Hommage aux radios pirates de l’époque, qui émettent depuis des bateaux dans les eaux internationales, pour éviter la censure britannique, l’album SELL OUT est truffé de faux jingles publicitaires qui donnent à l’ensemble une ambiance très radiophonique. Notons la présence du très spectorien « I Can See For Miles » où la profondeur de l’écho a englouti plus d’un fan. Succession d’excellents titres tous plus britons les uns que les autres : « Mary Anne With The Shaky Hands », « Our Love Was », « Armenia City In The Sky » ou encore « Reach You » sans oublier l’excellent « Tatoo ».

Encore un indispensable !

TOMMY (1969) 

Faut-il le présenter  ? Vous savez, c’est l’album que tout le monde a, sans même savoir que c’est un album des WHO ! Le début de la gloire pour le groupe, qui cette fois s’extirpe du maelström britannique des très nombreux excellents groupes, pour passer dans la catégorie des groupes planétaires. Pour ma part je m’incline devant ces deux galettes vendues à des millions d’exemplaires, même si ce n’est pas, de loin, mon album préféré ! Je respecte le succès tout en trouvant l’affaire un peu laborieuse hormis les célèbres « The Acid Queen », «Pinball Wizard », « Tommy Can You Hear Me » et « I’m Free ». Bon celui-là aussi vous devez l’avoir parce que c’est l’album de la reconnaissance, même si c’est aussi l’album de ceux qui ne connaissent rien aux WHO !

LIVE AT LEEDS (1970)

Le « Live » des WHO qu’il faut absolument posséder. Son énorme et grande forme du quatuor autour d’un Daltrey au sommet de son art vocal. Le groupe reprend certain de ses singles dont le célèbre «I  Can’t Explain » ou encore l’énergique « Substitute ».

WHO’S NEXT (1971)

 Certaines mauvaises langues ont affirmé que Townshend avait voulu transformer les WHO en groupe de hard rock avec la sortie de cet album en 1971. Dans ce cas les groupes de hard rock ont bien mal évolué ! A mon sens l’analogie punk est plus proche du cœur de cible que le destin hard du groupe. WHO’S NEXT est l’un des albums les plus inspirés de l’époque. Il est produit par l’immense Glyn Johns qui travailla aussi avec les Beatles, les Rolling Stones, Led Zeppelin, les Clash, The Blue Öyster Cult, et les Eagles, excusez du peu

 Townshend se familiarise avec les synthétiseurs, ce qui nous vaut l’un des hits les plus inspirés du band : « Wont Get Fooled Again ». Notons aussi les incontournables « Bargain », « Baba O’Riley » et « Behind Blue Eyes ». On remarquera aussi l’hommage de John Entwistle à son épouse, dans le célèbre et énergique « My Wife » qu’il chante lui-même.

Pete Townshend a cherché un équilibre entre les riffs brutaux de sa Gibson et les périodes de picking acoustiques qui nous offrent finalement un opus contrasté. Daltrey est au mieux de sa forme ; son cri,  au terme du pont synthétique de « Wont Get Fooled Again », a troublé le sommeil de millions de parents quand leurs ados révisaient au cœur de la nuit leur bac rock !

L’anecdote de la photo de l’album veut que le 8 mai 1971 en rentrant d’un concert à Sunderland, Moon et Entwistle dissertaient sur le film 2001 : L’Odyssée de l’espace, lorsqu’ils aperçurent à l’horizon, ces fameux blocs de béton qui servaient à éviter l’effondrement des terrils. Ils y virent une similitude avec le célèbre monolithe extraterrestre du film. Ils descendirent de l’autocar et entreprirent – en bons WHO – de déshonorer l’un des blocs avant de repartir.

QUADROPHENIA (1973)

Produit par Kit Lambert et Glyn Johns, QUADROPHENIA est selon moi le meilleur album des WHO. Il s’agit d’un double opus qui revient sur les origines mods du groupe. Le personnage de Jimmy, tiraillé entre quatre personnalités, permet à Townshend de proposer un récit simple mais sans concession de l’univers mod. C’est aussi le chant du cygne d’un compositeur qui en 1973 a presque tout donné. Le groupe va mal mais Townshend parvient à tirer le meilleur de chacun. Moon est à son firmament, Entwistle propose des lignes de basse parmi les plus inspirées de l’histoire du rock, Daltrey n’a cessé de progresser depuis 8 ans et sa maîtrise vocale illumine l’album de bout en bout. Quant à Townshend, malgré une consommation de drogue assez peu raisonnable, il maîtrise désormais totalement, le champ des possibles que lui propose le pionnier des synthétiseurs, l’ARP 2500. A l’époque cette machine, créée par le génial Alan R Pearlman (ARP sont les initiales du créateur) qui fut ingénieur à la NASA, représente 40 % du marché des synthétiseurs. C’est un instrument ultra-coûteux, d’un maniement ardu et son utilisation reste monophonique. Townshend parviendra pourtant à tirer la substantifique moelle de cet appareil, dont l’utilisation reste souvent affaire de spécialistes en oscillateurs et autres filtres sonores…    QUADROPHENIA est un double album très inspiré qui referme la page des années de jeunesse du groupe. L’ensemble est très british ce qui nuira à la diffusion mondiale de QUADROPHENIA et pourtant …. 

WHO ARE YOU (1978)

On ne dira jamais assez tout le mal que le disco aura fait au rock. Nous sommes en 1978, Townshend tente de resserrer les boulons d’un groupe qui n’a plus grand-chose à dire en tentant de détourner la rivière guimauve à son profit. Las ! Townshend n’est pas Gorgio Moroder… Moon va mourir quelques mois plus tard. Daltrey a la tête ailleurs. Le titre « Who are you » a été le dernier grand hit du groupe qui ne produira plus rien de bien par la suite. «  Who are you » est aux Who ce qu’ “Emotional Rescue » est aux Rolling Stones, c’est-à-dire des tentatives désespérées de coller à l’époque alors même que la veine de l’inspiration s’est épuisée. C’est un album de clôture qui sent la fleur coupée mais qu’il faut acquérir justement parce qu’il est le dernier hoquet du groupe….

ARCHIBALD PLOOM 

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