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PAR-DELA LES GLACES de Gunilla LINN PERSONN :

1914 - C’est l’hiver. Sept enfants natifs d’Hustrun s’apprêtent à regagner leur île une fois le bal annuel donné sur un autre îlot terminé. Pris au piège dans une terrible tempête de neige en plein milieu d’une nuit noire et impitoyable, aucun d’entre eux ne sortira vivant de cet enfer blanc. Cette tragédie marquera à tout jamais l’île et ses habitants provoquant des querelles et des rancœurs profondes et immuables.

Aujourd’hui - Ellinor Ingman a 55 ans. Elle habite l’Archipel de Stockholm, précisément l’île d’Hustrun.

Célibataire, elle a repris l’entreprise de bateaux-taxis de son père Algot.

Elle occupe la maison de son enfance qu’elle partage avec son père désormais trop âgé et fatigué pour naviguer et travailler.

Entre un père exigeant et possessif et un emploi du temps bien rempli, elle ne voit pas les journées passer occupée par une succession de tâches répétitives qui lui incombent et qu’elle effectue avec un indéfectible sens de la vie.

Un jour, Algot demande à Ellie d’aller récupérer un certain M. Man.

Dès qu’elle l’aperçoit sur le ponton, elle reconnaît Herrman Engström son grand amour de jeunesse parti des années auparavant pour vivre et fonder une famille dans la région du Labrador au Canada.

Revenu pour vendre la maison familiale du Bout du Monde et de Bonne Espérance, il était à mille lieues de penser retrouver « La jeune fille au chapeau fleuri de marguerites », persuadé qu’Ellie avait quitté l’île elle aussi pour se marier comme le lui avait d’ailleurs affirmé des années auparavant Algot le père d’Ellinor.

Arrimée à son vieux père depuis tellement longtemps, Ellinor, la femme d’île, réussira t’elle à donner enfin de l’ampleur à sa vie sentimentale et à faire qu’elle lui soit un peu plus douce ?

L’amour qu’ils éprouvaient si intensément l’un pour l’autre saura-t-il renaître ?

Dans « Par-delà les glaces », Gunilla Linn Persson nous fait voyager entre un passé glacé-glaçant mais essentiel pour mieux appréhender l’histoire et un présent constellé de délicatesse, de beaucoup de pudeur, de délicieuses réminiscences & de douces promesses.

L’auteur nous fait partager le quotidien de la généreuse et attachante Ellinor, quotidien bien ancré dans la réalité et viscéralement rythmé par la magie des saisons, la faune, la flore et la naturalité d’une île féerique et envoûtante.

Si avec les années elle a fini par se résigner à son sort, la présence d’Herrman va faire renaître en elle tout plein d’émoi et d’exaltation et ainsi faire rejaillir des sentiments enfouis en elle depuis de nombreuses années. Lorsque quelque chose d’absolu s’enracine soudain en elle, sa carapace se fracture au milieu d’une respiration et elle décide en dépit de tout, de donner enfin un nouveau souffle à sa vie (« Nous nous sommes rencontrés mille et une fois en un instant »).

Attentifs tous les deux à la profondeur des choses, Ellinor, toujours dans la retenue et le doux Herrman, si bienveillant vont doucement se réapprivoiser, trouver un bel équilibre et se prendre au jeu de la vie en partageant leur passion pour les petits plaisirs simples de la vie et leur attachement profond pour la nature et les créatures de l’air.

Gunilla Linn Persson nous offre une narration séduisante sertie d’une jolie musicalité oscillant entre poésie, philanthropie, joliesse et gravité.

C’est rempli de tendresse, de dévotion, d’attentions, de sagesse, d’austérité, de courtoisie et de magnanimité. L’auteur aime ses personnages et sait nous les faire aimer ; inévitablement on ne peut que s’attacher à ces deux belles âmes aux similitudes de pensées si bien assorties.

On ressent intensément le plaisir que l’auteur a pris à écrire en s’inspirant des années qu’elle a passées dans l’archipel pittoresque de Stockholm et son environnement si précieusement préservé et si joliment révélé. Un lieu charmant, bienfaisant, rempli d’harmonie, bosselé et tourmenté et parfois hostile, à l’image des héros de ce roman.

Je ne sais pas ce que j'ai préféré entre la douceur et cette grande sensibilité dans l’écriture, le regard poignant et subjuguant que l’auteur pose sur des événements de tous les jours ou le savoureux rythme du récit qui lui donne une si jolie dimension.

Lis ZABELLE 

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