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METRONOMY : THE ENGLISH RIVIERA : L'UN DES MEILLEURS ALBUMS ROCK DE L'ANNEE :

Si l’on ne doit pas manquer un album britannique cette année, c’est bien celui de METRONOMY, le groupe de Joseph Mount.  Voilà un band qui s’est tranquillement construit une carrière pour se porter au niveau des meilleurs groupes pop.

Mais grand dieu, où ces gars-là vont-ils chercher un son pareil ?

Dans quel cimetière des éléphants du rock ont-ils déterré ces mix improbables ? Au fond de quelles chambres d’échos ont-ils inventé une telle cohésion sonore ? D’où leur viennent toutes ces trouvailles qui émaillent chacun de leurs titres ? Violons, harmonium, et puis la résurrection pure et simple des modulateurs Moog qui avaient sombré corps et biens il y a trente ans.

On pourrait crier au parjure. Exiger un renouvellement immédiat du matériel.  On aurait bien tort, car nos quatre acolytes nous offrent rien que de l’excellent : des compositions inspirées, des arrangements malins, des lyrics efficaces.  De la grande couture anglaise comme on l’aime.

METRONOMY  est le genre de groupe à rôder perpétuellement autour d’une vieille théière, armé de petites cuillers. Ils sont radicalement  Britons. Encore un de ces groupes qui aurait mis le général de Gaulle en colère. Satanés Britanniques qui ne font rien comme les autres, mais qui le font toujours avec la plus grande classe.

Joseph Mount a fait ses études à Brighton : lieu mythique des affrontements  entre mods et rockers dans les années 60. Il a dû tamiser le sable de la plage pendant les nuits de pleine lune, pour retrouver un peu de cette inspiration des années qui précédèrent les premiers pas de l’homme sur l’astre céleste. Et il y est arrivé !

Les titres se succèdent avec un brio qui frise la provocation.

The English Riviera est un instrumental de 37 secondes qui ouvre les hostilités et dont Benjamin  Britten aurait pu revendiquer la paternité. Le parallèle avec la musique classique s’arrête là. Le titre suivant ne nous laisse guère le temps de goûter l’entrée en matière.  La basse de Gbeng Adele Kan  nous ramène dans le droit chemin avec We Broke Free qui donne le ton de l’album : inspiré, énergique et créatif.  Les synthés entêtants tournent autour de nous, comme des serpents à sonnette tombés d’un camion de déménagement à remonter le temps.

Suit Everything Goes My Way qui ne lâche strictement rien, avec en fond sonore ce qui m’a semblé être du banjo, mixé savamment avec les arrangements de guitares. On commence à se dire que l’ingénieur du son, Ask Workman, a placé de vieux micros métal des années 50, directement devant les amplis, tant le son est improbable et semble définitivement éloigné de l’ultra- modernité.

The Look  s’annonce avec un gimmick d’harmonium entêtant, qui  ne tarde pas à être accompagné par une basse sacrément inspirée. On se surprend à balancer des épaules et on a sacrément envie d’en faire plus. Oui !

On se sent définitivement heureux d’avoir mis la main sur cette galette de silicone, qui ne participera pas au prochain ball-trap des albums ratés !

Quelle incroyable nostalgie suinte de cet opus !  

She Wants confirme ce que les premiers titres semblaient  indiquer : pas besoin d’être des virtuoses pour sortir du four un album qui fera date !

Couplets efficaces, refrains inspirés, rythme binaire qu’on croirait  voir courir sur trois pattes.

L’introduction de Trouble hésite entre les premiers accords de  Still Lovin’ you des Scorpions et les arpèges inspirés d’un Steve Hacket  de la période « gabrielienne » de Genesis, manière de noyer un poisson qui ne tarde pas à jaillir de l’onde pure, comme un saumon qui remonte les bonnes années du rock. Réussite  complète d’un titre qui nous prépare à recevoir The Bay qui comptera, sans aucun doute, parmi les meilleures réussites de l’année pop-rock. Choeurs envoûtants, comètes synthétiques  dignes des années 80, une basse batterie lancée comme une cavalerie d’habits rouges dans la plaine de Waterloo, et pour  conclure, un final minimaliste qui rappelle à ceux qui l’auraient oublié, que le groupe n’a pas envie qu’on le prenne trop au sérieux.

Loving arm explore de nouveaux espaces synthétiques et s’ingénie  à répéter un refrain tout aussi hypnotique du gimmick de clavier.

Corinne  vous flanque alors direct par terre, avec une rythmique digne des regrettés Motels de Martha Davis. Les  programmations claviers vous retournent l’âme dès lors que vous avez un peu poussé le volume. Trop tard, vous êtes déjà au milieu de votre salon, mimant le guitariste qui assène sa rythmique avec la régularité d’un moteur d’Aston Martin lâché   à 200 à l’heure sur le London Bridge.

Some Written calme le jeu avec raison mais l’inspiration reste toujours la même, dans une ambiance que Prefab Sprout n’aurait pas reniée. Et puis cette manière de faire roucouler les Minimoog c’est tout de même du grand art !

Enfin en guise de conclusion,  Love Underlined referme l’album   sur un titre qui aurait pu être composé par Carla Blé. On reste bouche bée devant tant de trouvailles musicales et d’arrangements inspirés. Le temps suspend son vol et vous  faites votre première crise de manque !

Vite, activez de nouveau la fonction play !

ARCHIBALD PLOOM (2011)

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Le Facebook d'Archibald PLOOM

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