Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
SEANCE 26 : LE TEMPS QUI PASSE :

J’ai une conscience aigue du temps qui passe, elle a été polie par les années.

Je trouve que le temps passe trop vite.   

J’ai vu  mes lettres distribuées par le facteur disparaître au profit de mes courriels.

Le cheminement du courrier a été remplacé par  l’immédiateté du mail qui surgit  sur mon ordi et mon Iphone n’importe où et n’importe quand.

Je dois avouer que  je suis incapable de résister, je m’empresse de lire ce qui arrive sur ma boîte mail.

Si je ne réponds pas aussitôt, les impatients m’envoient un texto signalant qu’ils viennent de m’écrire par mail, et si je  ne réponds toujours pas, les insistants me téléphonent pour  vérifier que j’ai bien reçu le texto.

Moralité il y a impératif.

Vous devez être joignable et réactif.

Du coup j’ai le sentiment que l’on nous vole notre temps.

Notre temps de vivre.

Notre temps bucolique.

Notre temps libre.

Notre temps de prendre le temps.

Et nous,  par répercussion nous volons le temps de nos enfants.

Dès l’entrée en maternelle, on se soucie de leurs réussites en pensant au Bac.

Nous les précipitons dans les préoccupations du monde adulte dès leur plus jeune âge.

Comme s’il ne fallait pas perdre de temps.

Vivre en accéléré.

Mais moi je suis une lente. J’ai besoin de temps au ralenti pour pouvoir penser et  réfléchir.

Je déteste être bousculée. Le temps doit s’inscrire dans mon rythme. Pourtant j’ai la sensation de courir après le temps.

La pile de mes agendas annuels, qui s’élève au fil des ans, témoigne du passage du temps et des événements.

Je suis prise de vertige quand je me penche sur ce passé consigné au long des mois.  Je tire un fil, et la bobine se déroule.  En tournant les pages défilent des images, des sensations, des souvenirs.

Je me dis alors que  le temps passe trop vite !

J’ai envie d’arrêter les aiguilles de l’horloge pour éterniser le temps présent, pour ne jamais voir mourir ceux que j’aime.

Et pour garder  définitivement mes 30 ans, car  dans ma tête j’ai le sentiment d’avoir toujours  30 ans…


ALICIA RAHO (2011)

Lire la séance 27

Texte tiré de  Monologue avec mon Psy  ©

Le Facebook d'Alicia RAHO 

Le site de l'illustratrice

 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :