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PETIT TENNICTIONNAIRE A L'USAGE DES PASSIONNES :

Ace : carte maîtresse, très prisée dans les tournois du Grand Chelem. Aligner les aces est la quinte flush du tennis. Etym : contrairement aux apparences, le mot ne vient pas de l’ « as » du jeu de cartes, mais de l’ « ais », planche de bois fixée dans le mur au jeu de paume (voir article : Paume) et qui donnait le point si elle était touchée à la volée.

Attaquer : saisir la balle au bond

Arbitre : choisi pour sa hauteur de vue. Quand il descend de sa chaise, c’est l’index en avant. Ne pas lui serrer la main en fin de match dénote un manque de sportivité. Ling : La langue de l’arbitre est pétrie d’euphémismes britanniques. Le public averti opère mentalement la traduction. Ex : S’il vous plaît  = Chut !  Merci = Taisez-vous. Les joueurs sont prêts = Vous allez la fermer, oui ?

Balle : plus grosse qu’une bille, plus légère qu’une boule mais plus lourde qu’une bulle. La balle neuve est jaune et duveteuse : elle va généralement par trois ou quatre comme une portée de poussins. La balle vieille ne cesse pas de procurer de vives joies : en trouver une enfouie dans l’herbe pas loin du grillage suscite chez les enfants des cris de chercheur de champignons. Dériv : Deux balles : injonction qui donne au joueur la permission d’effacer du pied une trace litigieuse. Il faut deux balles pour servir. Ne pas confondre avec l’expression «  un service à deux balles », peu usitée chez les joueurs ATP.

Enfant de la balle : rejeton de parents passionnés de tennis. Ex : Le fils de Steffi Graf et d’André Agassi est un enfant de la balle.

Balle de match : sphère chargée d’influx nerveux qui concentre les battements de cœur de deux joueurs et de quelques millions de supporters.

Banane : Plus d’une tonne de bananes est consommée par les joueurs de Roland Garros. Ils ne l’affichent que s’ils gagnent leur match.

Champion(ne) : gladiateur susceptible de se vaincre lui-même sous les hourras de l’arène. « Les champions lorsqu’ils parlent de leur manière de jouer, disent « mon tennis ». Ils en parlent comme s’il s’agissait de quelqu’un, de leur ami, de leur otage, ou de la bête qui vit en eux. Et avec laquelle, eux aussi, ils vivent. » (Serge Daney)

Daney (Serge) : écrivain merveilleux qui connaissait passionnément le cinéma et le tennis. Lire ses chroniques dans L’amateur de tennis fait revivre les grands matchs d’autrefois comme quand Borg y était. 

Duras (Marguerite) : poète des courts de tennis déserts ou désertés. 

Filet: Elément essentiel de l’acrobatie tennistique, où la chute des idoles est toujours possible. Aucun joueur ne joue sans filet.On peut monter au filet mais il est interdit d’y grimper. Fam : « Il a le filet avec lui » : expression indiquant que le filet est plus bas d’un côté que de l’autre. 

 Folie (douce) : exaltation bénigne qui habite les mordus de tennis. Les principaux symptômes sont : l’obsession de la technique, le perfectionnement perpétuel, une mémoire d’éléphant. Le fou de tennis peut retracer toute la carrière de Mecir ou refaire point par point l’intégralité du match Noah-Wilander le 6 juin 1983

Golf : fin de carrière du tennis. 

Hulot (Monsieur): joueur qui a révolutionné la traditionnelle prise marteau. Sa prise « poêle à frire », dite aussi « moule à gaufres » ou « pizzaïolo » a toujours des inconditionnels parmi les amateurs cinéphiles.

Musique : second souffle du tennis

Paume (jeu de) : ancêtre du tennis, quand la main servait de raquette. Hist : Au XIVème siècle, un édit royal fit interdire le jeu de paume en semaine, réservant sa pratique au dimanche. Les gens – hommes, femmes, enfants – en étaient si fous qu’ils ne pensaient plus qu’à jouer et que l’économie de la France s’en trouvait menacée. Il n’est pas prévu pour l’instant d’interdire Roland-Garros. Cependant, la finale a toujours lieu le week-end. 

Points : cauchemar de l’arbitre. Compter les points l’empêche de dormir la nuit. Hist : Le comptage actuel vient du jeu de paume, dans lequel la distance entre la ligne de service et le filet était de soixante pieds. Chaque fois qu’un joueur marquait, il avançait de quinze pieds, d’où 15, 30…- on devrait donc annoncer 45, mais c’était trop long à prononcer dans le feu de l’action, ce qui explique notre 40. 

Raquette : instrument à cordes. Les virtuoses en surveillent de très près la tension. Le luthier spécialisé s’appelle un « cordeur ». Il a beaucoup de travail . Ex : Nadal fait corder près de 45 raquettes durant le tournoi. Mus : Un joueur a le droit de changer de raquette au cours d’un match, tant que cela n’interrompt pas les Suites pour violoncelle de Bach. Casser volontairement sa raquette pendant un match est moins bien perçu qu’une guitare pendant un concert de rock. 

Roland-Garros : aviateur que les joueurs de tennis appellent affectueusement par son prénom. Ex : « Je ne manquerais Roland pour rien au monde. » 

Service (faux-ami) : Action  qui a pour but de mettre son prochain dans l’embarras, voire dans la détresse. On ne rend pas un service, on le retourne.

Serviette : éponge la sueur et les larmes.

Simple : souvent long et compliqué.` Ant Double : divise par deux le poids de la défaite. Multiplie par deux les gambades de la victoire.

Tennis : sport né de la rencontre du jeu de paume et de l’invention du caoutchouc. Etym :   L’origine de ce mot anglais est française. Au jeu de paume, le premier joueur criait « Tenez » à son adversaire avant de lui envoyer la balle. Des déformations phonétiques successives ont amené à « tennis ». Si chaque joueur criait « Tennis » avant de servir, on se croirait au Moyen-Age. Aborder un passant dans la rue pour lui demander s’il connaît la Pension du tennis fait toujours rire les pré-adolescents.

Tueur : fait tomber les têtes de série, d’où son surnom de « sérial killer ». Disposition mentale utile à la victoire. On ne naît pas tueur, on le devient grâce à un coach.

Volée : grande claque ou petite pichenette sur la joue de la balle

La volée de bois vert est fortement déconseillée pour marquer le point

Wild card : joie sauvage à l’idée d’affronter ses idoles.

CAMILLE LAURENS (2011)

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