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LES HEURES SECRETES, UN ROMAN D'ELISABETH BRAMI :

Je  connaissais Elisabeth Brami pour ses albums jeunesse...

Mais au fond un écrivain jeunesse n’est-il  pas un écrivain  tout court ? 

Qu’il écrive pour les adultes ou pour les enfants ?

Pourtant il y a, à ce niveau, un sacré fossé entre ces deux mondes en France. 

Comme si une frontière pouvait traverser le cerveau  des écrivains !

Comme si les enfants n’étaient presque rien et les adultes presque tout …

Comme si il y avait, en littérature, une aristocratie et un tiers état.

Ecrire avec seulement une moitié de soi dans un cas et l’autre moitié dans l’autre.

Pfff !

Pourtant tous les récits s’écrivent avec le corps et l’esprit. 

Ils utilisent les mêmes matières d’être et de mots.

La cohabitation existe sur les salons du livre, sans vraiment favoriser  les mélanges. Il y a  le coin des grands, des vrais, des écrivains et celui des petits, des auteurs pour la jeunesse.

Ils ne sont pas logés dans les mêmes hôtels et ne partagent pas toujours les mêmes coins de table. C’est un peu comme durant le tournage de Guerre et Paix  où les figurants soldats mangeaient entre eux  et, avec lesquels, les figurants officiers  ne se mélangeaient pas …

Certains lecteurs s’aventurent pourtant entre ces deux mondes, non pas pour leurs enfants mais pour eux, pour l’enfant qui vit en eux.

D’une certaine manière Elisabeth Brami peut être considérée comme un écrivain complet puisqu’elle écrit pour les grands et les petits. Aucune division possible, elle dispose d’une palette plus importante que  l’écrivain « ordinaire » ! Je plaisante un peu parce que je suis persuadé qu'il n'y a aucune différence entre les écrivains pour les jeunes et ceux pour les vieux... je dis "les vieux" avec un peu de malice parce que vu de l'enfance ....

Sur une table de libraire au milieu des albums colorés et chatoyants d’une main, j’ai saisi Colorissimo  un imagier artistique créé par notre auteure  et je découvre à la page du  E,  sous des photos hypnotiques - où je plonge comme Mary Poppins - les entrées « écriture électrique »  et «  encres d’écriture »...  de l’autre je saisis son roman Les heures secrètes  dont le titre aurait pu tout aussi bien être celui d’un album pour la jeunesse.

Ce roman a rejoint ma pile sur ma table de nuit, cette pile qui est là pour m’éviter les crises de manque…

Je les pose les uns par dessus les autres sans ordre.

Et de temps à autre je les mélange comme un paquet de cartes et ... un matin, un soir, j’en soustrais un à l’attente.

Et l’élu est lu.

En une seule traite ou lentement  à petites gorgées.

Je suis entrée dans Les heures secrètes un soir et je n'en suis ressortie qu'à la dernière page. 

J’ai fait le chemin sans m’arrêter, porter par le récit, par les mots, par un style plein de tendresse pour ses personnages.

En refermant le livre, il était en moi.

D’ordinaire je n’aime pas raconter les romans, et j'ai horreur que l’on me les raconte.

Ce sont comme des histoires d’amour que l’on vit de soi à soi.

Et c’est dans ce rapport à l’intime qu’Elisabeth Brami excelle, nous permettant d’approcher au plus près ces existences qui nous frôleront le temps de notre lecture

Comme autant de voyages  intérieurs  aux heures secrètes.

Trop dévoiler en enlèverait le charme.

Alors comment vous donner le désir de faire la rencontre de ces personnages, de ce style,  de ce récit ?

Comment  vous offrir la possibilité de ce roman que j’ai aimé ?

Parler de sa magnifique couverture ?

Je ne peux pas m’empêcher d’être sensible au visuel, mais n’imaginez pas une seconde  en regardant l’image que ce soit un livre à emporter dans votre sac de plage.

Aucun livre ne mérite ce traitement !

 Le résumer ?

Cela reviendrait a lyophilisé l’histoire.

Pas question !

En quelques mots alors pour ne rien déflorer.

Un homme : Pierre.

Ancien libraire

L’âge de  la vieillesse.

Veuf se sentant responsable de la mort de sa femme.

Une relation particulière avec Léa sa belle mère de 90 ans, exilée  dans une maison de retraite.

La mort qui rôde.

Une voisine et son jeune  fils.

Et la vie…

La vie avec ce qu’elle charrie de nostalgie, de regrets, de questions, de complications, de culpabilités, et  d’amour.

Le mieux serait de faire comme Pierre qui pour prendre soin de  son corps s’astreint à aller nager à la piscine… On peut aussi  nager dans les livres comme pour  se tenir à la vie, en son sein même… 

Je ne vous prêterais pas mon exemplaire, je le garde jalousement, je veux pouvoir, comme  pour chacun des autres peuplant ma bibliothèque, retourner m’y réfugier quand j’en ai envie.

 

ALICIA RAHO (2011)

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Le facebook D'Alicia RAHO

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