
J’ai ouvert mon dictionnaire pour relire tout ce que pouvait désigner le mot chambre.
Les formes les plus usuelles : Chambre des députés, chambre noire, chambre à air…
Mais seule la chambre à coucher retient mon intérêt.
La chambre évoque pour moi le sanctuaire, la sensualité, le repos, l’endormissement, le repli, l’intimité.
La chambre est d’une certaine manière un révélateur.
Dis-moi où tu dors je te dirais qui tu es !
Les chambres multi- fonction sont à bannir, comme par exemple la chambre bureau. La chambre ne doit avoir que deux usages : servir le sommeil et l’amour !
Mais jamais au grand jamais elle ne doit être le lieu du travail.
Elle doit être dissociée de notre vie commune
Surtout – quand c’est possible - ne pas l’accoler à une chambre d’enfant.
S’interdire d’y mettre la télévision.
Un lit, des tables de nuit, de la musique, des lampes, des livres.
Ne pas trop la surcharger pour que l’on puisse s’y retrouver sans être détourné pas toutes sortes d’objets envahissants.
Avec l’âge, j’aspire à une chambre zen.
Ado ma chambre était la caverne d’Ali Baba, pleine comme un œuf, mais elle était aussi mon lieu de vie et de repli, l’image de mon identité, l’empreinte de toutes mes facettes.
Un kaléidoscope de mon être étalé sur les murs, exprimé par les objets, révélé pas la déco…
Aujourd’hui je veux une chambre vide pour pouvoir l’habiter entièrement quand je m’y réfugie.
Une chambre consacrée au « Nous » du couple.
Une chambre chaleureuse d’où se dégage un parfum doux.
Avec une grande fenêtre sur la nature pour, au réveil, emplir mes yeux du dehors.
Sa taille m’importe peu, seule son atmosphère me tient à cœur.
J’aime dormir.
Je me souviens rarement de mes rêves.
J’aime plonger mon âme dans un parfum de linge propre.
Me lover dans la chaleur douillette d’une couette.
Et m’abandonner au sommeil.
Je plains sincèrement ceux que le sommeil a abandonné et qui cherchent en vain, en se tournant et se retournant, à le rattraper chaque nuit.
Et ceux aussi qui retrouvent chaque soir une moitié de lit vide et froide. Ceux qui rêvent d’être deux mais qui chaque matin au réveil sont encore seuls.
Il est des lieux sacrés. Pour moi la chambre en est un, car on s’y livre au plus noble des actes : faire l’amour !
ALICIA RAHO (2011)
Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure
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