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KATE DAISY GRANT : UN ALBUM ENVOUTANT :

C’est rageant tout de même ! Je veux dire d’aimer le rock et de ne pas être anglais. Grrr … il y a de quoi briser sa guitare au pied de la statue de Wellington !  C’est fou comme nos amis d’outre Manche ont la faculté  de faire  de l’excellente musique avec juste six cordes de nylon ou d’acier.  Parce que il faut l’avouer le rock français reste encore embourbé au milieu de son champ de betteraves  pendant  que les britons  continue de privilégier la canne à sucre, je veux dire à composer d’excellentes mélodies agrémentées d’arrangements  au poil.  Je mets Trust de côté  pour  la cavalcade  échevelée de l’album Antisocial et la tendresse toute particulière que je conserve à Bernie Bonvoisin.  Non, non je vous vois venir … ne me parlez pas d’Indochine… non vraiment parce que là Wellington lui même viendra  nous flanquer un second Waterloo !

Tiens je prends un exemple tout bête. Je découvre dernièrement un label indé (pour indépendant  des grosses bécanes qu’étaient autrefois les ventripotentes majors qui  ont subi depuis que la musique est (presque) gratuite une sacrée cure d’amaigrissement, excusez la parenthèse d’autant que vous devez tous le savoir hormis quelques spéléos oubliés au fond des enfers d’Alice Cooper ) et donc j’écoute la dizaine d’artistes qui  composent leur écurie.  http://www.telescopicbaby.co.uk/  Diantre !  Rien que du bon !  Mais comment ces gens là font-ils pour nous mettre minables à ce point ! J’y reviendrai dans d’autres papiers.  Re Grrr ! 

Parmi eux je trouve cette petite pétite, ce diamant brut, cette rose de platine, j’ai nommé Kate Daisy Grant qui délivre un album éponyme  dont je ne suis pas sorti depuis une bonne dizaine de jours.

 Je me souviens très bien de la première écoute. Hum, je venais de terminer une révisions complètes des Impromptus de Schubert qui m’avaient plongé dans une profonde et splendide mélancolie. Je faisais courir dès lors un risque mortel à la galette qui aurait la déveine  d’interrompre l’hiver de mon déplaisir….  Ce fut  Kate Daisy Grant.  Oh douce et voluptueuse  “voice” d’Albion ! Merveilleuse fée urbaine à la traine d’ampoules multicolores  ! Splendide fée clochette  précédée de l’univers  Lewis Carolien de pianos tristes et de violon  inspirés.   Quelle succession de titres tous plus inventifs les uns que les autres ! Evidemment on sent la présence des grands ainés et la production de Ken Rose se porte à la hauteur  des meilleurs arrangements de Mr Martin  de son prénom Georges, annobli  par la reine pour les arrangements  somptueux qui permirent aux Beattles de faire  concurrence  à  British Pétroleum  en termes  de contribution au PNB de la Grande Bretagne.  Quel  talent ! Que de trouvailles !  Que d’élans somptueux, profonds comme des flacons de pafums inconnus colorés de mille miroitements  éblouissants. 

Tout commence avec la délicieuse One Thing You Should Know About Me  qui nous installe immédiatemment dans un manège de chevaux de bois  qu’on voudrait voir tourner pendant des heures.  Suit Roadblock  où les violons tissent  avec la voix de Kate  un philtre qui vous laissera en suspension dans un espace  aussi profond  qu’un ciel de pleine lune.  Jimmy  achèvera  votre fonction repeat pour son refrain  accrocheur et  merveilleusement évident.  Lighthouse vous suggèrera que seule la musique peut vous ramener là où tout à commencer il y a très longtemps et où tous nos sentiments n’attendent qu’une note pour revenir à la vie. On se demande d’où peu bien venir la sonorité des pianos de Too Dry To Drown que les cordes viennent soutenir  comme un vol d’hirondelles qui  fait surgir le printemps au coeur de notre écoute. Harms Way rassemble un joyeux bazar d’accordéon, de piano, d’instruments à vent et de rythmiques improbables  que la voix de Kate réunit finalement pour donner à l’ensemble  une espiègle et stimilante dynamique qui débouche sur la sentimentale Open Up Your Arms  qui ramène l’automne dans notre pauvre petit coeur . Truth démarre a capella  et laisse les violons nous achever  dans la brume d’un square londonien à la tombée de la nuit.   Peaches laisse planer une profonde nostalgie sur notre médiation avant que The Langage Of Science referme ce magnifique opus dans un face à face entre les harmoniques du piano et la voix bouleversante de Kate qui nous hantera longtemps après la dernière note.

La voix de  Kate habite cet album d’une présence envoutante  qui vous entraine  dans un voyage intérieur  à la fenêtre d’un train de l’enfance où du bout des doigts nous effaçons la buée pour apercevoir un fou sur la colline juste derrière un champ de fraises où se promène Lucy dans le ciel.  Je crois qu’on peut dire que Kate Daisy Grant a fait un bel héritage, celui  d’une époque  où les violons inventaient une nostalgie qui ne nous a pas quittés.  D’où viennent ces claviers merveilleusement inspirés, ces cordes qui nous portent parfois  au bord des larmes, cette voix  qui  se promène entre les docks, qui traverse les terrains vagues et  chemine parmi les maisons de briques ? Oh divine et piquante petite  fée blonde bénie des dieux  britanniques de la musique. Que la BBC et toutes les radios du monde multiplient ta voix sur les ondes !   

ARCHIBALD PLOOM (2011)

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Le Facebook de Kate Daisy Grant

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