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A QUOI ILS PENSENT ? par DENIS PARENT :

 Denis Parent lance un nouveau jeu littéraire sous le titre générique  "A quoi ils pensent?". Il écrit chaque jour un petit texte en se mettant dans la tête d'un acteur de l'actualité. Il faut découvrir de qui il s'agit. La plupart du temps c'est simple. 

-1
 De ma fenêtre je regarde les bouquet d'arbres en feu de la place des Vosges. Déjà l'automne. Le temps est gris et je vois des grappes de touristes suivant un drapeau, s’arrêter et lever leurs faces de lune vers l'immeuble. Je vous vois, moi. Anne ne m'a pas rejoint. Pas ce soir a-t-elle dit. Aucun soir en réalité depuis... Je pense à la boulangère de la rue des archives. J'ai mal à la tête. Le décalage horaire. Le décalage, tout court.

-2  J'irai pas au procès. Un procès? Tu te souviens comme j'm'appelle? Bon, je vais aller faire un tour. Où j'ai fourré mon écharpe? Sinon l'autre elle va me gonfler, couvre-toi qu'elle dit. La Bérénice là, non... C'est Bénédicte... Ah merde bon sang de bois de merde africaine c'est quoi son nom? Ah oui Bernadette. Je vais aller en ville serrer des mains, boire une mousse, hein. Avec ces gens-là qui me rappellent des trucs. Je leur demanderai mon nom. J'ai un trou. Faut pas que Béné truc le sache.

-3 Sa race j'ai pas mal au pied qu'est-ce qu'il raconte? Et puis c'est koa cette ville là, y'a pas un macdo, faut marcher et tout. C'est plein de roumains, y'en a des sympas ouais, des filles blondes surtout, juste elles veulent les dollars, Où t'as mal toi? Je nique pas cash, je suis pas Franck moi. Toute façon j'ai même pas envie de jouer. Y'a même pas une radio pour balancer sur la fédé et tous les cons.

- 4  Je suis le vent du désert, je suis le souffle de la destinée. Je jetterai tous ces chiens dehors, hors de ma vue. Ils m'ont tué des enfants, ils ont brulé ma maison mais je reviendrai, si dieu veut. Mon coeur bat jusqu'à exploser. Je me sens sale sous cette tente brulante. Mon coeur, ça faisait si longtemps qu'il battait d'ennui. Je leur ferait manger ma peur. Un avion passe dans le lointain en grondant comme l'orage. Moi aussi j'avais des avions. Je suis le souffre de l'orage. Ne l'oubliez jamais. 

-5 Dans mon bureau tapissé de mes livres et de ceux des autres. Le soleil joue sur les boiseries, cela sent le santal, je sens le velours. J'ai pris ma plume pour écrire une nouvelle histoire. C'est ainsi que je réagis quand l'injustice de la justice me condamne. Je songe à Chateaubriand. J'ai donné mon amour à cette femme et ses lettres en témoignaient. J'ai des droits d'auteur sur cet amour, il m'appartient. N'en déplaise au juge. Je me lève, je suis si grand, je me regarde dans le reflet d'une photographie de moi en smoking. Je me recoiffe.

DENIS PARENT (2011)

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