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FRERE DE ROCK : HOMMAGE A BERNARD LENOIR :

Septembre 2011. Sur les ondes radiophoniques que l’on aime il manque quelqu’un à l’appel .  Annonce lapidaire de la direction de France Inter : Bernard Lenoir, le grand ordonnateur de nos soirées rock, n’est pas reconduit dans son créneau horaire. Le 25 aout un courriel de l’intéressé annonce : “Entre musique pas comme les autres et vie au grand air , j’ai enfin choisi. Merci pour ces longues années de complicité et de soutien indéfectible. Ce ne sera pas facile de vivre sans se rendez-vous quotidien. Vous me manquerez. Caresses et bises à l’oeil .”  Comme toujours la grande classe ! Pas un mot contre ceux qui ont choisi d’appuyer sur le bouton du siège éjectable, pas une plainte, pas une récrimination.  Juste un constat distancié au terme d’une aventure de plus d’un quart de siècle.    

Bernard Lenoir a beaucoup donné, c’est sans doute une question de tempérament. D’abord programmateur musical pour le Pop-Club de José Artur au début des années 70, il travaillera ensuite avec Patrick Blanc-Francard sur plusieurs formats dont la célèbre Bananas. Il se décidera ensuite à se lancer en solo avec l’émission mythique Feedback dont le générique Van Halenien tiré de l’introduction véloce et géniale d’Eddie Van Halen sur le titre “Eruption” fait encore écho au fond de nos oreilles.

                             

Lenoir qui démarrait chaque soir de la semaine à 22 H ne s’est pas senti de commencer une heure plus tard .  A 66 ans il jette l’éponge  et déclare dans la foulée "Je n'irai jamais travailler sur une autre radio. Inter, c'est ma famille."  Fidélité  indéfectible  pour la maison de la radio qu’il n’a quitté que deux ans pour Europe 1,  lien profond pour une  station  à qui il a tant donné  et dont il  deviendra l’une des références pour  les  vrais amateurs de rock.  Bernard Lenoir ne s’est jamais mêlé d’autre chose que de rock.  Il partageait sa passion avec tout ceux qui venaient s’installer  autour du grand feu qu’il allumait chaque soir de la semaine  au cœur de la maison de la radio.  Il n’en faisait pas des tonnes, proche de ses auditeurs sans jamais être familier, ne cherchant jamais à convaincre qui que ce soit des choix qu’il faisait.  On prenait Lenoir en bloc où ne prenait rien, en cela Bernard était un vrai rocker.   

Disons le tout net, pour ceux qui sont nés dans les années 60-70 Lenoir  est devenu un vieil ami  avec qui on aura passé  des centaines  - que dis-je des milliers ! – de soirées.  Pas le genre à vous raconter sa vie mais plutôt à partager avec vous les meilleurs galettes de sons du moments. Il dirigeait une espèce de service de renseignement du rock ; si le bassiste des Red Hot  se foulait le pouce en préparant des crêpes l’info finissait inéluctablement dans la demie heure sur le bureau du général Lenoir.  L’homme avait ses informateurs car, mine de rien, cinq heures d’émission par semaine réclamait pas mal  de contenu. Avec sa vieille complice Michèle Soulier il retraçait sur les cartes les routes des grands  et des petits vaisseaux du rock.   Je me souviens  avec nostalgie en 1979  d’un concert mytique  de Joy Division  quelques mois avant le suicide de Ian Curtis qui  nous laissa orphelin.  Il furent nombreux a profiter  du soutien  de Lenoir  mais est-il utile  de faire des listes ? Elles auraient simplement le défaut de n’être jamais exhaustives …

Et puis Lenoir s’était aussi une voix, des expressions bien à lui et une  faculté à créer l’ambiance devant le micro.  On avait fini par penser qu’il serait toujours là sur Inter, que jamais personne n’oserait toucher à son créneau  horaire. On se trompait. Ils ont osé.  Lenoir est parti  mais à la différence de beaucoup de rocker qui nous ont quitté un jour, lui est toujours vivant.

Salut vieux frère de rock, tu vas sacrément nous manquer !

ARCHIBALD PLOOM 

 

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