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SEANCE 36 : HOMME DESIRABLE :

Quand je discute avec un homme, parfois sans que je sache pourquoi et sans pour autant le désirer, une pensée incongrue me traverse l’esprit.

Je me demande quel genre d’amant il est.

Est-il sexuel ?

Est-il sensuel ?

Aime-t-il la femme ?

Aime-t-il faire l’amour ?

Sans  complètement parasiter la discussion ni l’écoute, une partie de moi se détache et s’attache à ce questionnement.  Elle  extrapole des réponses à partir des indices qui s’offrent à moi.

Je l’étudie  avec attention.

Je ne me préoccupe pas de savoir si son sexe est petit, grand, de taille moyenne, peu m’importe….

Hier pendant un RV professionnel, mon esprit a pris à mon insu, ce chemin de traverse.

J’ai observé attentivement mon interlocuteur.

Je scrutais ses mains.

Des mains potelées, soignées, aux ongles courts et parsemées de taches de rousseur.

Je les imaginais caressant avec sensualité le corps et le sexe d’une femme.

Certaines, au contraire, m’apparaissent comme incompatibles avec cet acte.

Je m’appliquais à chercher en lui, ce qui pouvait le rendre désirable.

Cet homme n’était absolument pas dans mes critères.

Joufflu, blond, la quarantaine avancée, de petits yeux rieurs.

Une physionomie  bon enfant inspirant confiance.

Des lèvres fines peu sensuelles.

Plus l’entretien avançait,  plus je trouvais du charme à cet homme, un côté timide, attendrissant.

Une douceur émanait de son visage.

Ses lunettes séparaient son regard de moi, comme pour le protéger de la sensibilité qu’il pourrait exprimer et qui le fragiliserait.

J’imaginais alors une femme lovée contre lui, le visage tourné vers son regard, offerte.

Elle aurait sans doute l’envie de caresser cette peau couverte de confettis mordorés.

Et d’imprimer sa bouche sur ces lèvres discrètes mais brûlantes.

Le sujet de la conversation était extrêmement sérieux et j’avais conscience que je commençais à en perdre le fil.

J’étais heureuse que cet homme puisse susciter le désir, heureuse de me dire  qu’après sa  journée laborieuse peut-être qu’une femme l’attendait quelque part avec l’envie irrépressible de faire l’amour.

Il conclut l’entretien en me disant : «  Je vois que vous souriez, je vous ai donc un peu convaincue. »

S’il savait à quel point !

 

ALICIA RAHO (2011)

Lire la chronique 37

Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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Le Facebook d'Alicia RAHO 

Le site de l'illustratrice

 

 

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