Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
SEANCE 37 : LA SALLE D'ATTENTE :

Qu’est ce qui différencie la salle d’attente du psy de celle de mon dentiste ?

Sans aucun doute l’odeur médicamenteuse et le bruit de la roulette.

Mon dentiste a depuis peu déménagé. Son nouveau cabinet flambant neuf est équipé de haute technologie.

Canapé confortable, et toute une panoplie de magazines pour bourses bien remplies.

Lieu moderne et aseptisé qui  tranche radicalement avec  la salle d’attente de ma psy  où je suis assise pour attendre mon tour.

Je jette un coup d’œil circulaire et je constate que le lieu est vieillot, et passablement poussiéreux.

J’ai largement le temps de détailler les murs qui auraient besoin d’un bon coup de pinceau, les fauteuils dépareillés devraient être changé et les magazines ne sont plus d’actualité.

En résumé une salle décorée sans goût, un lieu de passage où nul ne voudrait rester.

Je m’assieds toujours en bout de chaise dans une position inconfortable qui m’incite à me lever d’un bon quand vient mon tour, pressée de quitter cette salle si peu accueillante et qui me murmure « Ne vous endormez pas sur vos lauriers, restez vigilante et en éveil. »

Finalement on ne vient pas là pour se la couler douce !!!

On vient se torturer le fond de l’âme pour souffrir moins un jour, beaucoup plus tard, du moins je l’espère.

Dans sa salle d’attente, je suis toujours seule, jamais deux personnes en même temps.

La trotteuse de la pendule accrochée sur le mur  m’hypnotise, je suis comme captivée.

J’ai eu parfois l’envie de repartir, de me sauver et généralement la porte s’ouvrait juste à temps pour interrompre ma fuite.

J’ai oublié mon roman, ici tout empêche l’évasion.

Je cherche une issue, que je trouve sur la couverture d’une revue un Boeing  qui  décolle et je suis projetée dans l’une de ces salles d’attente d’aéroport.

Elles sont généralement occupées par des hommes d’affaires en costume, le nez dans leur ordinateur portable ou leur Ipad.

Il y en a pour tous les goûts.

J’aime les hommes.

J’aime les  sentir.

J’aime les regarder vivre.

Je ne m’ennuie jamais dans ces salles d’attentes.

Je m’imagine partir au bras de l’un d’eux vers de nouvelles aventures, quand le bruit de la porte qui s’ouvre me rappelle à l’ordre.

C’est mon tour.

Zut !

ALICIA RAHO (2011)

Lire la séance 38

Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

-                                                                                                  -

Le Facebook d'Alicia RAHO 

Le site de l'illustratrice 

-                                                                                                  -

 

 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :