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SEANCE 38 : LA PESTE DES ADMIRATEURS ! :

Petite introspection intérieure.

Du moins j’ai essayé.

Cela a commencé au petit-déjeuner devant ma tasse de café.

J’ai plongé mon nez  à la recherche de je ne sais quoi.

Il est des matins où l’on se réveille en quête de quelque chose.

Ce matin était l’un de ceux là…

Je prends mon petit dèj vêtue et parfumée  mais sans rouge à lèvres.

Je n’aime pas le goût du café mélangé au rouge à lèvres. C’est du gâchis et pour  l’un et pour l’autre.

Quand je  choisis un rouge à lèvres, je tiens compte de sa couleur mais aussi de son parfum et de son goût.

Je me dis Alicia tu t’es vue ce matin ?

Et je me suis levée pour m’observer dans la glace.

Qu’était-il arrivé entre hier et ce matin ?

Rien si ce n’est que j’avais reçu un mail d’un  jeune admirateur  de 20 ans de moins que moi qui m’avait retrouvée sur facebook.

J’étais flattée.

Un mail à tremper au réveil dans son café, normalement cela met la journée en joie.

Et bien ce mail ou plutôt une phrase de ce mail avait sonné l’alarme en moi. L’admirateur m’avait écrit « C’est la première fois que je suis émue par une femme de votre âge. »

Et bien moi c’était la première fois que je lisais cette expression « une femme de votre âge » qui sous entend mille et une choses, auxquelles je n’avais justement aucun envie de penser.

Ce mail  qui se voulait admiratif me plongeait dans une profonde méditation…

La peste des admirateurs !

Pourquoi cette phrase m’interpellait-elle ?

Que cela avait-il d’humiliant pour moi ?

N’était ce pas la vérité ?

N’étais-je pas une femme de mon âge ?

Finalement on a toujours envie d’être une femme qui fait plus jeune que son âge et pas une femme de son âge.

Qu’un jeunot vous fasse la cour passe encore, si au moins il a la délicatesse de ne pas vous prendre pour sa mère.

Ce mail qui était destiné à égayer ma journée  venait soulever un malaise, que dis je un tsunami d’angoisse !

Avais-je, à mon insu, un léger problème avec l’âge.

Je n’en avais jamais pris conscience.

Le café avait refroidi.

Je déteste le café froid, j’aime me brûler les lèvres.

De ce mail je n’avais pas su prendre le côté positif, je n’en voyais que la face négative.

Et pourtant au fond ce garçon avait été ému par la femme que j’étais.

N’était-ce pas le plus important de pouvoir émouvoir ?

J’avais cette chance, un inconnu que j’avais croisé  dans une soirée chez des amis m’avait cherchée sur facebook pour m’écrire. Après tout…

Et pourtant je me trouvais embarrassée d’un cadeau qui n’était pas approprié. Que me restait-il à faire ?

 J’ai  simplement répondu.

« C’est gentil, je vais garder précieusement ce mail, pour le relire les jours sans… »

Le pauvre ! Quelle réponse idiote !

Je riais de moi. Il ne risquait plus de  me poursuivre de ses avances.

Je n’avais pas envie de m’encombrer d’un gamin admiratif qui viendrait téter au sein. Quoi que... cela demande réflexion ...

ALICIA RAHO (2011)

Lire l'épisode 39

Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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Le Facebook d'Alicia RAHO 

Le site de l'illustratrice 

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