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SEANCE 40 : LE LONG DES ROUTES :

Un rebouteux, qu'on appelle le « courandéro », a la fâcheuse habitude, quand je le croise de me donner son sentiment sur  ma santé sans que je ne lui demande jamais rien. Comme ces gitanes qui s’emparent de votre main, que vous aviez laissée traîner par mégarde et qui refuse de vous la rendre tant que vous ne lui tendrez pas un billet.

Ce rebouteux m’a regardée et m’a dit : « C’est serré là-dedans, ça cogite trop là-haut, faut aérer. »

Mais de quoi il se mêle ?

Je déteste que l’on me dise mon avenir ou quoi que ce soit d’autre sur moi !

Et voici que ma psy s’y met aussi, mais d’elle c’est tacitement acceptable.  

« Alicia, vous devriez prendre l’air. »

C’en est trop pour moi.

Alors quand c’est trop, il faut que je roule !

Un sac, trois fois rien, et surtout mon homme.

Et vroum c’est parti !

Destination la campagne.

Du vert, des routes.

L’important, c’est d’être à deux et de s’aimer.

Dans un véhicule pas trop confortable, car le trop confortable donne le mal des transports.

Dans un véhicule pas trop spacieux, car dans le trop spacieux, les sièges sont trop séparés, et l’on ne perçoit plus la présence de l’autre, on ne peut pas respirer son odeur, ni poser sa tête contre son épaule.

Dans un véhicule pas trop puissant, car dans un véhicule trop puissant on est tenté de foncer et l’on gaspille le paysage, et le temps du voyage ne peut s’étirer à volonté.

Les pauses sont essentielles :

Pour admirer un point de vue.

Pour écouter le silence.

Pour boire un Perrier rondelle à la table d’un café d’habitués au vin blanc dès 8 h du mat.

Pour visiter une église improbable, dont on fait le tour sans trouver une seule porte ouverte.

Pour  dénicher un village de potiers qui fleure bon la vie simple et  tranquille.

Pour déjeuner dans une épicerie-restaurant, au menu unique mais fait maison, saine, nature, qui sent bon.

Le but est atteint, oublier la ville, l’agitation, le bruit, la vie à la con qui pousse aux fesses.

Et comme par enchantement, quand je revient à la nature, la nature revient en moi, l’envie de me sentir de nouveau femme.

Alors on abandonne la route de campagne à la recherche d’un petit hôtel douillet, et l’on s’aime en écoutant les oiseaux chanter.

ALICIA RAHO (2011)

Lire la séance 41

Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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Le Facebook d'Alicia RAHO 

Le site de l'illustratrice 

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