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SEANCE 41 : MA PSY N'A RIEN D'EXCEPTIONNEL ! :

Si j’en doutais un peu, je viens de découvrir que ma psy est un être ordinaire.

Je l’ai croisée dans la rue en arrivant.

Quelle déconvenue !

Elle n’est vraiment ni extraordinaire, ni exceptionnelle. Maintenant c’est sûr !

Elle gnangnantise avec son Yorkshire.

Comment peut elle l’appeler « mon bébé » en le trimballant au bras comme si c’était un nourrisson ?

Vision hallucinante !

Je devais l’imaginer quelque part du côté de l’Olympe…

Chute catastrophique mais évidemment exemplaire d’un mythe de plus. 

Elle est humaine, terriblement humaine dans sa simplicité.

Je réalise qu’elle a probablement aussi  des problèmes, de couple, de famille.

Mais a t-elle un mari ? Des enfants ?

Comme ces élèves de maternelle qui imaginent que leur institutrice vit, dort dans sa classe, ne fait jamais pipi, et ne peut vivre sans eux.

Donc ma psy avait un chien et une vie autour de ce chien.

Peut être vivait elle seule ? Le seul objet de son affection serait ce petit chien ridicule qu’elle embrasse sur le museau et qui lui lèche le visage. Conjectures, conjectures …

On ne connaît jamais les gens mais doit on connaître son psy ?

Je n’en suis pas certaine.

Comment lui accorder du crédit si je sais :

Que le robinet saturé de calcaire s’écoule à peine dans son évier.

Que sa chasse d’eau fuie.

Qu’elle laisse traîner ses petites culottes sur le sol.

Et que dans son frigo un bout de pâté avarié put vraiment et depuis un moment !

En définitive qu’elle a une vie normale,  preque toujours décevante.

Mais qui mieux que ceux qui ont une vie ordinaire peuvent comprendre nos vies minuscules ?

Une psy médiatisée ? Pas question de prendre le risque de retrouver ma vie privée étalée même sous un pseudo dans un livre à gros tirage, ce ne serait pas rassurant et avec la multiplication des écrivains psychanalystes il y a du souci à se faire ...

La mienne a le mérite, de façon générale, de se moquer de son image.

Elle n’utilisera pas ses patients pour flatter son ego ou pour se glorifier dans les médias. J’imagine – mais c’est juste mon imagination – qu’elle considère ses patients comme des enfants qu’elle encourage à quitter le nid de la thérapie en volant de leurs propres ailes, même si elles sont parfois encore  un peu froissées et qu’elle ne nous gardera  pas  en laisse comme son petit toutou chéri.

ALICIA RAHO (2011)

Lire l'épisode 42

 Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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Le Facebook d'Alicia RAHO 

Le site de l'illustratrice 

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