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IT'S ONLY ROCK AND ROLL ! :

Le rock c’est au départ de la musique électrique avec guitares, basse et batterie. Ca vient du blues mais pas seulement, ça vient aussi de la soupe country que pratiquaient des bouseux en route vers l’ouest. De mon temps, dans les années 70, on appelait ça la « Pop music » histoire de pas effrayer le notable qui se souvenait des « blousons noirs » et pour qui le vocable « rock’n roll » recouvrait une réalité de cuir, de violence, de moto et de bière. L’horreur. Finalement avec le bizness de la musique et l’émergence d’une génération entière de rocker on a appris à faire le distinguo entre les Stones, Zeppelin, Nirvana d’un côté et Dylan ou Pink Floyd de l’autre. Ne parlons même pas de U2. Mais autant qu’une musique le rock était une vision du monde. On était opposant. Pas opposant politique, opposant culturel avec un principe fondamental : la dérision. Alors advint la rock attitude. 

Ceux qui avaient attrapés cette maladie de jeunesse eurent le malheur de vieillir et pour certains d’entre eux de trahir. Ils devinrent décideurs et dans la foulée des marchands qui, dans l’industrie du disque, l’avait promu, firent de cette musique et de cette attitude minoritaire un courant mainstream. Aujourd’hui le rock n’est plus guère une vision du monde mais une grimace ou un collage aléatoire. Tout ce que la culture rock a inventé a été copié, singé, dupliqué dans une frénésie tayloriste. On y reconnait la girouette des marchands du temple qui ne comprennent pas l’idée mais l’adoptent pour la vendre sous une forme ou une autre pourvu qu’elle soit édulcorée et génère des talbins. Un jour le rock, le lendemain l’histoire, et pourquoi pas la botanique du moment qu’on produit un clone pour avoir sa « part de marché ».

Mais il ne suffit pas de connaitre la gamme pentatonique, d’avoir un tatouage sur la fesse, une boucle d’oreille dans le nez ou de proclamer qu’on est « born to be wild » pour faire partie du club. Etre rock pour autant que ça ait encore du sens, c’est juste créer un univers nouveau, sans tabou, sans dogmatisme avec sa révolte, sa sensibilité, ses moyens. C’est faire du bizness avec de l’art et de la fantaisie. Ca s’appelle inventer. Pas reproduire. You know what I mean ?

DENIS PARENT (2011)

 

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