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SÉANCE 47 : PRENDRE SOIN DE SOI :

J’ai le sentiment parfois qu’à part moi personne ne prend soin de moi.

C’est un sentiment, ce n’est peut-être pas la vérité, mais c’est ce que je ressens, ce dont je souffre.

Je n’ai pas voulu demander que l’on prenne soin de moi.

Par orgueil, par fierté.

Par peur de sembler faible, fragile.
Plus j’ai besoin de l’aide  des autres, plus je m’en détourne, plus je me m’enferme dans ma coquille, plus je deviens distante et plus je me montre froide et forte pour que personne ne puisse sentir, soupçonner les failles, la fragilité, l’équilibre précaire.

L’échafaudage que j’ai construit en moi est bancal, rafistolé, mais il tient debout pourvu que personne ne retire une de ses pièces maîtresses, et comme toutes sont maîtresses le mieux est de n’en retirer aucune, sans quoi on prendrait le risque de voir tout s’écrouler.

Tomber en ruine !

Avec le temps, j’aime à croire que  comme les os cassés se ressoudent, les pièces, elles  se sont soudées les unes aux autres, formant ainsi une structure indestructible.

Cela me rassure et me donne confiance en moi.

Je n’ai jamais fait le choix d’aller voir un psychiatre, ils me font froids dans le dos, je les trouve inquiétants, froids, factuels, distant, inquisiteur.

Et surtout leur fonction médicale, prescrivant des pilules remèdes ne m’inspire pas .

Peur sans doute d’en devenir dépendante.
Qui me dit que ces drogues délivrées avec autorisation, ne deviennent pas indispensables.

Je préfère gérer mon mal être, en venant vider mon sac chez une psy inoffensive.

J’ai une plaquette de Xanac en permanence dans mon sac, pour les crises existentielles, et les crises d’angoisse.

Je m’autorise cette sauvegarde, ce garde-fou.

Un comprimé en cas de force majeur.
Savoir qu’il est là peut suffire parfois.

J’ai toujours deux boîtes d’avance, dont une finit périmée faute d’avoir été utilisée. C'est l’effet placebo, la savoir là dans un tiroir à porté d’angoisse, me permet de l’économiser en me disant qu’elle servira en cas de crise intense insurmontable, irraisonnée.

Et finalement de ne jamais l’utiliser.

Mon médecin pense que c’est  juste pour prendre l’avion. Il me fait m’ordonnance sans poser de question.

Deux boites par an c’est si insignifiant comparé aux traitements qu’il prescrit à l’année aux dépressifs.

Moi je suis une désespérée de la vie qui se force à jouer les enjouée.

Cela ne marche pas si mal  puisque  cela dure depuis des décennies bon an mal an j’ai fini par convaincre mon cerveau que j’allais bien.

Que j’étais capable de gérer toute seule ma folie douce.

Je ne marche pas penchée avant, je me tiens droite la tête haute et j’avance, quoi qu’il arrive.

ALICIA RAHO (2011)

Lire la séance 48

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Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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