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SCORPIONS : "WIR HÖREN AUF. DAS IST UNSERE LETZTE PLATTE !" :

Ce fut la nouvelle rock du mois de janvier 2010 : après 45 ans de carrière, 17 albums studio et des tournées les ayant entraînés jusque dans les endroits les plus reculés du monde, les « papis du rock » annoncent leur retraite.  En guise de « pot de départ », ils nous proposèrent une dernière piqûre, une tournée mondiale qui durera deux ans  et qui a fait une halte par le Palais Omnisports de Paris Bercy le 23 novembre dernier.
Scorpions et Bercy, c’est une histoire particulière. S’ils ont eu l’honneur d’être les premiers artistes à se produire dans cette arène le 29 février 1984, c’est aussi en ce lieu et en ce jour que Klaus Meine a été trahi par sa voix si reconnaissable. Nous ne pouvons nous empêcher d’espérer que l’histoire ne se répétera pas !
16.000 fans du groupe ont répondu à l’invitation : les admirateurs de la première heure, leurs enfants et les enfants de leurs enfants. Pas moins de trois générations « ready to rock, ready to roll " !
Après une première partie ayant mis à rude épreuve les capacités auditives de la foule pas encore en délire, des images du San Bernardino Festival de 1983 annoncent l’arrivée imminente du groupe, sur les notes du titre qui donne son nom au dernier album du trio de Hanovre, « Sting In The Tail ».
Surgissant de derrière ses fûts comme un diable de sa boîte, le californien James Kottack donne le coup d’envoi de la soirée. Les guitares de Rudolf Schenker et Matthias Jabs rugissent de part et d’autre de la scène, tandis que Klaus Meine nous entraîne dans un retour à l’âge d’or du rock, avec des pépites comme « Make It Real », « Bad Boys Running Wild », ou encore « The Zoo ». Le ton est donné, le début du concert est placé sous le signe du rock, le vrai ! Et quelle claque pour ceux qui réduisent Scorpions à « Still Loving You » ! Les papis sont en pleine forme, ce qui rend d’autant moins envisageable l’idée de ne plus les voir sur scène.
Le retour à cette réalité(peu réjouissante se fait avec l’ultime titre composé par le groupe, « The Best Is Yet To Come » : une manière de nous dire de ne pas être tristes, mais aussi une belle promesse pour la suite du show !
Nous restons dans le registre de l’émotion avec « Send Me An Angel » et « Holiday », dont les interprétations acoustiques font frissonner le Palais Omnisports. Puis le rock reprend ses droits, mélangeant des titres d’hier et d’aujourd’hui, dont l’explosif « Dynamite ».  C’est alors que nous sommes les victimes consentantes d’une attaque d’un nouveau genre, une « Kottack Attack » ! Eclairé par une animation reprenant les pochettes des différents albums du groupe, James Kottack se déchaîne sur sa DDrum  et nous offre un spectacle où se mêlent talent, humour et folie douce, ouvrant la dernière partie du concert, avec le très percutant « Blackout ».
C’est ensuite Matthias Jabs qui nous administre une piqûre de rappel, une "piqûre à six cordes". Les yeux sont rivés sur ses doigts qui courent sur sa Gibson Explorer 90 avec une aisance déconcertante et les riffs trouvent un écho dans la structure même du Palais Omnisports. Bercy vibre au son de Scorpions, au propre comme au figuré ! C’est dans cette ambiance survoltée que Klaus Meine entonne « Big City Nights », repris en chœur par un auditoire « In Trance ». On se dit que le spectacle ne peut pas déjà toucher à sa fin, c’est pourtant le moment des rappels, avec les incontournables « Still Loving You », « Wind Of Change » et « Rock You Like A Hurricane ».
L’ouragan Scorpions disparaît en coulisses avant de revenir nous emporter avec « No One Like You ». Les au-revoir se font au son du magnifique « When The Smoke Is Going Down » et, aussi bien dans la salle que sur scène, la difficulté à se quitter est palpable.
C’est un moment rare que Scorpions nous a offert ce soir, un de ceux que l’on garde dans sa mémoire et dans son cœur, et auquel on repensera avec l’émotion et la fierté d’y avoir participé. The spirit of rock will never die... 
JULIE DELORT (2011)


 « Nous arrêtons. C’est notre dernier album. » (Bild, 24/01/2010)
« Can’t Live Without You » in « Blackout » (1982)
« Six String Sting »
 « In Trance » in « In Trance » (1975)
 « Spirit Of Rock » in « Sting In The Tail » (2010)
 

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