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SEANCE 48 : L'ELOIGNEMENT :

Il faut prendre garde, avec le temps, dans un couple, l'éloignement se creuse imperceptiblement au départ puis définitivement à l'arrivée.
Et un jour :
On ne s'embrasse plus.
On dort  dos-à-dos mais chacun à une extrémité du lit.

On chemine dans la vie côte côte mais plus vraiment ensemble.
On parle du travail, des problèmes, de la vie des autres mais plus de la nôtre et de nos projets.
On s'habitue à se voir en rentrant mais on ne prend plus le temps de se regarder vraiment..
On se consacre à tout plus qu'à l'autre.
On se croise pour les repas.
On se retrouve autour des enfants tant qu'il sont là.

On ne prend plus le temps des partages.

On oublie les sorties à deux.
Le dimanche devient un jour comme les autres.

Les pièces et  la maison sont  invisiblement séparées en deux,  chacun y mène sa propre vie.

Les choses faites séparément deviennent plus nombreuses, que celles faites à deux
Et pourtant on a rien vu venir.

Ou du moins on a rien voulu voir venir.
On a été cueilli en douceur.
Se battre contre le quotidien demande énormément d'énergie, de volonté, de force, de temps.

On ne se déteste pas, on s’aime même, et le pire est de savoir qu’en s'aimant on peut en arriver là.
L'éloignement est insidieux, fourbe, pervers.
Il se glisse dans toutes les failles, tous les recoins, il repousse, il creuse, il sépare, il met à distance, il provoque l'oubli, l'amnésie, l'indifférence.
Il est timide, discret au départ.
Puis il prend de l'ampleur, du corps, de l'assurance.
Il prend une place laissée libre et là il s'installe, il se nourrit des vides, des absences, il déborde, il envahit, il gangrène.
 Et soudain il est trop tard.

On regarde l’autre en se demandant ce que cet étranger fait dans notre vie.

On oublie qu’on l’a choisi, qu’on l’a aimé, qu’on voulait mourir avec lui.

Et maintenant il nous ennuie, il nous énerve, il nous encombre, on est sur le point de le détester.

On ne le reconnaît plus, ce n’est plus lui l’être aimé.

Alors on décide de partir si on est honnête, et de le mettre dehors si on l’est moins.

Je ne veux pas en arriver là dans ma vie.

En me déroulant ce scénario terrible, je suis glacée d’effroi !

Je vais demander à ma psy si elle n’a pas de recette miracle.

Mais je sais déjà que non !

Après tout elle a peut être mis son mari dehors depuis des années … 

ALICIA RAHO (2011)

Lire la séance 49

Relire le feuilleton des séances depuis le début

Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure

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