
Les petits tracas devraient être insignifiants et pourtant ils ont la propension à gonfler, à prendre plus de place qu’il ne faudrait, voire à soudainement occuper tout l’espace jusqu’à nous empêcher de dormir. Un truc banal, anodin, peut tout à coup devenir un obsessionnel remue méninges.
Une amie m’a donné un truc pour m’en débarrasser, il faut jeter son petit tracas dans le grand canyon de sa vie, puis le regarder tomber, et le voir disparaître à jamais.
Devant l’immensité du décor le petit tracas devient anodin, minuscule, inexistant, il perd sa réalité..
Le principe étant qu’hors de ma vue, de mon esprit, il n’est plus rien.
Il ne pèse plus.
Il devient volatil comme un simple grain de sable sur la paume de la main, je souffle et il rejoint sa dune.
Cela semble idyllique mais la réalité est tout autre. En vérité mes petits tracas remontent rapidement à la surface les uns après les autres car ils doivent savoir nager.
Il faut dire qu’en ce qui concerne mes petits tracas j’en ai plus d’un dans ma manche.
Des réguliers qui peuvent me pourrir la vie.
Inutile de les énumérer.
Les miens ne seraient rien pour les autres ils les feraient sourire.
Chacun porte ses propres tracas ils ne sont pas exportables, un sac de plumes chez les uns, devient une valise de plomb chez les autres. Ils ne sont pas interchangeables car ils sont fondamentalement les nôtres.
Nous nous les inventons, du « sur mesure » réalisé par notre petit tailleur intérieur.
A vrai dire il faut les chérir, car ils sont notre essence même.
Ils sont signes que nous sommes en vie.
Que nous fonctionnons comme des êtres vivants et non comme des robots.
Des petits tracas j’en ai plein mon cabas.
Comme du sac de Mary Poppins je peux en sortir un long chapelet à
égrainer au gré des situations.
Ces tracas sont finalement un luxe. Si je n’avais rien dans ma gamelle je doute que mon esprit puisse multiplier les tracas comme des petits pains.
Il tenterait de tromper sa faim en se focalisant sur le peu de positif qu’il pourrait trouver à se mettre sous la dent.
Finalement je souffre du TROP…
Bon c’est décidé je suis encombrée de trop de petits tracas je vais faire le tri et les partager.
Voici une bonne résolution de début d’année !
Je vais les proposer lors de la prochaine foire à tout.
« Qui veut des petits tracas ? J’offre les miens ! »
ALICIA RAHO (2011)
Texte tiré de « Monologue avec mon Psy© » avec l'autorisation de l'auteure
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