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BETTÝ d'ARNALDUR INDRIDASON par BETTY JUSTE :

Je l’avoue, la Méditerranéenne que je suis est fan de polars nordiques … Ils sont pour moi on ne peut plus exotiques.
Et parmi les auteurs du Grand Nord, il en est un que j’apprécie plus particulièrement, c’est Arnaldur Indridason.
Je l’ai découvert assez récemment grâce à un ami qui m’a prêté La femme en vert ( Métailié, 2006 / Points 2007 – Prix Clé de verre du roman noir scandinave, prix CWA Gold Dagger, prix Fiction du livre insulaire d’Ouessant et Grand Prix des lectrices de ELLE )
De fait, la plupart des ouvrages d’Indridason ont reçu un ou plusieurs prix littéraires.


J’ai donc lu La femme en vert … et je suis devenue accro.

Et là je dois remercier mon ami  Luc qui a eu la bonne idée de me proposer la première piqûre Indridason, créant immédiatement  une sévère addiction.

Arnaldur - oui, nous sommes devenus intimes maintenant : je l’appelle par son prénom et il a donné le mien à son roman - est un journaliste et critique de cinéma islandais d’une petite cinquantaine d’années.
Il a écrit son premier roman (pas encore traduit en français) en 1997.
Il a connu quelque difficulté pour s’imposer dans son pays car les Islandais considèrent les romans policiers comme une littérature mineure.


L’atmosphère qui règne dans les polars nordiques est particulière. La représentation mentale de l’ambiance vient tout naturellement : la neige, la glace, le froid, l’obscurité. Les teintes se limitent à un long dégradé qui va du blanc au noir. Peu de place pour la couleur.
Les romans d’Indridason n’échappent pas à la règle.
 

Tous les titres d’Indridason ont un personnage récurrent très attachant, l’enquêteur Erlendur Sveinsson, torturé par la culpabilité parce qu’il se sent responsable de la mort de son frère et de la toxicomanie de sa fille et il est vrai que ça fait beaucoup pour un seul homme et puis un flic  sans problème  offre beaucoup moins de perspectives narratives  que celui que la vie n’a pas gâté.

Difficile donc d’éviter Erlendur Sveinsson, sauf dans un seul roman : Bettý
où Erlendur ne fait qu’une brève apparition, à la manière d’Hitchcock dans ses films, car, contrairement aux autres romans d’Indridason, l’histoire n’est pas racontée du point de vue de l’enquêteur, mais de celui du présumé coupable.

Ce livre est un pur bijou de manipulations : manipulation du narrateur par la sulfureuse Bett
ý, et manipulation du lecteur par l’auteur lui-même.

Lorsque j’ai découvert que j’avais été piégée, j’ai repris la lecture à son début et franchement, c’est bluffant !...

J’ai le sentiment de participer à cette manipulation, mais difficile de faire autrement …

… Depuis sa cellule de prison, le narrateur se remémore les faits qui l’ont conduit à son internement. Une succession de flash back, entrecoupés d’interrogatoires et de visites de son avocat.

A l’origine, il y a sa rencontre avec une femme fatale, fascinante et menteuse dont le compagnon est un riche armateur.
Le décor est planté. Une banale histoire d’adultère et de meurtre me direz-vous ?
Ce serait un peu court :

« Quand je suis au lit et que je reviens en arrière, je n’arrive pas à déceler le moment où … ma vie s’est transformée en ce long cauchemar dont je voudrais tellement me réveiller. » 

Bettý , mi-araignée, mi-mante religieuse, a lentement ferré sa proie. 

A ce jour, j’ai lu six romans d’Indridason. Heureusement, il m’en reste encore deux … sans compter ceux qui n’ont pas encore été traduits.

Tout va bien.

Et comme je ne suis pas une ingrate, je viens d’offrir Bettý  à mon ami Luc …

 BETTY JUSTE 

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